Cinéma·Culture·Séries

Série – Les grandes Grandes Vacances

Si j’avais à vous conseiller une seule série d’animation, il s’agirait de la série Les grandes Grandes Vacances créée par Delphine Maury et Oivier Vinuesa.

Cette série d’animation français a été diffusée sur France 3 en 2015, à l’occasion de l’anniversaire de la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Elle parle de deux enfants, Ernest et Colette qui vivent chez leurs grands-parents pendant la guerre.


Synopsis : 

id_fiche_38Été 1939, Ernest, 11 ans, et Colette, 6 ans, deux petits parisiens, passent un weekend en Normandie chez leurs grands-parents. La France entre en guerre et décision est prise de les tenir éloignés de Paris, le temps de « voir venir ». Ce séjour qui devait durer quelques semaines s’étendra sur les cinq années de la guerre, se transformant en « grandes grandes vacances »…
Réfugiés dans un monde rural qui leur est totalement étranger, Ernest et Colette vont s’ouvrir à une nouvelle vie grâce à la bande d’enfants du village, au travail à la ferme, à la découverte de la nature et des animaux. Mais ils seront également confrontés à l’occupation allemande, aux réquisitions, aux privations, à la perte d’être chers, au patriotisme. Ils vont devoir grandir et s’adapter dans un monde en guerre qui bouleverse tous leurs repères.


Création : Delphine Maury et Olivier Vinuesa

Réalisation : Paul Leluc

Dessins : Emile Bravo

Durée : 10 épisodes de 26 minutes chacun (ou 5 épisodes de 45 minutes sur Netflix)


Mon avis : 

Les grandes Grandes Vacances est une série d’animation qui nous montre le quotidien des enfants d’un petit village de Normandie, pendant la guerre. A travers leurs yeux on assiste alors au début de la guerre, à l’occupation, à l’exode, aux bombardements. Pour autant, la série garde sa part d’insouciance et n’est pas là pour nous expliquer l’histoire de la guerre. Elle nous montre plutôt ce qu’a pu être le quotidien des enfants à la campagne pendant cet immense conflit. Nous faisons alors face à leur incompréhension, à leur courage mais avant tout à leur naïveté : ce sont des enfants et ils ne comprennent pas tout à la guerre, alors nous, spectateurs, nous sommes dans la même situation qu’eux.

En parallèle du climat de guerre, on a également une démonstration de ce que c’est d’être un enfant qui grandit à la campagne, de goûter à la liberté. Ayant moi-même grandit à la campagne, plusieurs fois, je me suis reconnue dans leurs jeux, dans leurs façons de faire et d’exister, sans pour autant avoir grandi à la même époque qu’eux. La série nous montre avec brio ce qu’est l’enfance à la campagne. Et pourtant elle ne perd pas tout son sérieux et nous mets quand même face aux problématiques de la guerre : la mort, l’injustice, la faim, la séparation, la perte d’un être cher, etc.

Cependant l’oeuvre ne tombe pas non plus dans une vision du bien contre le mal. Bien au contraire, on nous montre des personnages qui sont avant tout humain et qui font face eux aussi à des choix complexes : rester humain ou répondre à une entité plus grande et puissante qu’eux (avec notamment la notion d’être un « bon français », par exemple). Nous avons donc devant nous des personnages assez complexes et bien construits : un professeur qui, au départ, paraît assez suspicieux mais qui finalement fait tout pour défendre ses élèves, un soldat allemand qui protège la famille chez qui il s’est imposé, un postier un peu peureux qui devient responsable d’enfants, etc.

Graphiquement les grandes Grandes Vacances est un chef d’oeuvre. Le dessinateur a pris le parti de mélanger des décors en 2D avec des personnages en 3D. Je trouve que ce procédé donne de la profondeur et de la douceur à tout cet univers. La nature est omniprésente, splendide et sauvage. Les scènes de guerre sont également très bien réalisées, je les trouve vraiment impressionnante ce qui donne une dimension réaliste à la série.

En conclusion, les grandes Grandes Vacances est une série à voir. Autant d’un point de vue graphique que pour l’histoire. On arrive à se mettre à la place et à comprendre tous les enjeux qu’impliquent d’être un enfant pendant la guerre. De plus, elle est riche en émotion et, j’ai eu l’occasion, à plusieurs reprises, de verser ma petite larmichette. Selon moi, c’est une véritable oeuvre d’art.

Elle est disponible sur Netflix et également sur YouTube.


Bande-annonce :

 


Je vous laisse également la vidéo de Alice in Animation qui parle de cette série beaucoup mieux que moi.

 

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Lecture

Lecture – La petite histoire : les animaux célèbres

Ce livre, écrit par Marie-Hélène BAYLAC, retrace les rapports que peuvent entretenir les êtres humains avec le reste des animaux.


Synopsis :

9782290154793«Le 3 novembre 1957, le monde apprend que l’URSS vient de procéder au lancement d’un engin spatial, Spoutnik 2, à bord duquel a embarqué une petite chienne noir et blanc dont la photo s’étale bientôt dans tous les journaux.»

Les animaux sont des personnages historiques à part entière : Alexandre Le Grand a fondé son empire monté sur Bucéphale, la petite chienne Laïka est partie à la conquête de l’espace, et la brebis Dolly a fait progresser la science.
Compagnons fidèles ou instruments au service des hommes, acteurs involontaires de leurs aventures, parfois héros, les animaux qui peuplent ce livre sont les témoins de leur époque. Ces portraits instructifs et divertissants, parfois touchants, posent un autre regard sur l’histoire, à hauteur de pigeon,

de chien, de cheval ou d’éléphant.


Auteure :  Marie-Hélène BAYLAC

Edition : Librio chez Flammarion

Prix : 3€


L’auteure :

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Marie-Hélène Baylac est une historienne et elle est spécialisée dans l’histoire du XIXème siècle. Agrégée d’histoire, elle a publié plusieurs ouvrages : Les objets racontent l’histoire paru en 2000, Le sang des Bourbons sorti en 2009, Ces objets qui ont fait l’histoire en 2013 et bien d’autres. Elle est également l’auteure de plusieurs publications gastronomiques.

 

 


Mon avis : 

La petite histoire : les animaux célèbres, est un petit ouvrage plutôt intéressant. Grâce à lui et aux petites anecdotes que vous découvrirez, vous pourrez briller en société. En passant par le chameau de François Hollande, le singe de Michael Jackson, la chienne Laïka et les éléphants d’Attila vous découvrirez de nombreuses petites anecdotes.

Le livre  est séparé en 5 grands thèmes : les animaux de compagnie, la place des animaux dans la politique, la place des animaux dans la guerre, les animaux qu’on peut qualifier de héros et enfin le rapport entre être humains et animaux. Sans grande prétention, ce petit livre retrace quelques histoires et non pas l’Histoire des animaux dans sa globalité. Il est très facile à lire et se lit donc rapidement.

L’avant-propos donne l’eau à la bouche et nous donne un très bon premier aperçu sur le bouquin. Toutefois si on s’attends à ce que la qualité du reste des chapitres soit aussi bonne que la préface, on est un peu déçu. Je suis restée sur ma faim sur pas mal d’anecdotes déjà connues. Malgré tout j’ai quand même appris quelques détails intéressants et des anecdotes croustillantes comme l’histoire du chameau de François Hollande dont je n’avais jamais entendu parler.

Toutefois, je trouve que l’épilogue n’a pas vraiment sa place dans la suite logique des pages de ce livre. Je trouve que le lien entre les anecdotes et cette conclusion n’est pas très bien amenée et reste un peu bateau.

En bref, ce n’est pas un grand ouvrage littéraire mais il dresse tout de même bien un état des lieux des rapports entretenus entre tous les animaux. L’homme n’est rien sans le reste des animaux, c’est ce que j’ai pu retenir.

Sur certains points je trouve tout de même l’ouvrage un peu spéciste en dressant un état de supériorité entre êtres humains et tous les autres animaux. Nous ne sommes pas supérieurs à eux, et inversement. J’ai noté également quelques fautes d’orthographe me semble-t-il ainsi que quelques touches de racisme ordinaire. Notamment quand des danseuses maliennes sont catégorisées de « danseuses africaines » (p. 81). Les nombreux pays du continent africain sont régulièrement réduit à l’Afrique et en perde ainsi toute leurs identités et leurs cultures (je suis actuellement à la recherche de sources pour appuyer mes propos). Cet ouvrage, un parmi tant d’autres, en est encore un exemple.

C’est une lecture, très peu cher, qui peut vous occuper pendant une heure ou plus, et vous apprendre quelques anecdotes croustillantes, si vous êtes férus des animaux.


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Beauté·Mode

2 tenues pour les beaux jours

Ce n’est pas à mon habitude d’écrire des articles de ce genre. Mais suite à mon sondage sur Twitter j’ai vu que quelques personnes seraient plus ou moins intéressée donc :

allons y

Petit disclaimer : je ne suis pas une professionnelle dans le domaine de la mode. Mon style se forme de pièces dans lesquelles je suis à l’aise et que j’aime bien et je ne prétends pas avoir raison en matière de bon goût !

  • Tenue numéro 1 : Voici une tenue tout à fait agréable à porter en cas de chaleur. En effet, la combinaison est très légère et ne colle pas à la peau et les chaussures ouvertes permettent de laisser les pieds à l’air libre.

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La combinaison vient de chez M&S Mode. Je l’ai achetée au début du printemps pour 29€99. Je l’ai prise en 52. Les jambes sont un peu grandes donc, si comme moi, vous n’avez pas de très longues jambes vous pouvez porter des chaussures à talons avec ou alors la retrousser. Vous pouvez la trouver ici.

 

 

 

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Je porte également une paire de nus-pieds qui vient du magasin Texto. Leur prix de base est de 45€ mais j’ai pu les avoir à -50% ce qui les fait à 22€50. Elles sont en cuirs et sont plutôt agréables à porter. Elles conviennent totalement à un pied large comme à un pied fin puisqu’elles se ferment à l’aide d’un lacet qui règle la taille de la chaussure. Je les ai prise en 38.

 

 

 

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Comme vous pouvez le voir sur cette photo, les chaussures sont légèrement dorées ce qui donne une touche plutôt lumineuse à la tenue.

 

 

 

 

 

  • Tenue numéro 2 : Il s’agit ici d’une des tenues, de ma garde-robe, les plus agréables à porter lors de grandes chaleurs.

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Cette tenue est composée d’un crop-top venant de la boutique ibilola.com créée par Gaëlle Prudencio (une célèbre figure bodypositive). Il est en taille 52, et me serre légèrement. Je l’ai eu, ici, pour le prix de 40€, hors frais de port. De premier abord cela peut paraître cher pour un crop-top mais il est vraiment de qualité et agréable à porter. Il existe également en d’autres coloris.

Je porte également un jean « boyfriend » qui vient d’Asos. Je l’ai acheté il y a un an, en réduction, pour 15€. Il est un peu chaud mais est très confortable à porter. J’aime bien le porter retrousser car les jambes sont trop longues et parce que je le trouve plus joli ainsi. C’est une taille 52 aussi.

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Ici, les chaussures que je porte viennent de chez Eram. Vous pouvez les trouver ici. Ce sont des chaussures qui conviennent totalement aux pieds larges et aux pieds fins puisqu’elles se règlent à l’aide d’une lanière en cuir et qu’elles s’adaptent à la forme du pied. De base, elles sont à 39€ mais si vous avez un compte fidélité chez eux vous pouvez les avoir pour 31,20€.

 

 

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Les chaussures sont en cuir et la lanière également. Je trouve que ses coloris vont très bien avec le crop-top d’Ibilola. Je suis totalement tombée sous leur charme, elles sont très confortables à porter et ne tiennent pas chaud aux pieds. Cette paire est en 38.

 

J’ai assorti les deux tenues avec des bijoux de type un peu bohème, décontracté. Il s’agit d’un bracelet un cuir où est inscrit mon prénom et qui a été réalisé par un artisan local. Et je porte, pour les deux tenues, un collier avec une (fausse) dent de requin qui vient de l’Aquarium de la Rochelle.

L’article touche à sa fin. J’espère que les tenues vous auront plu ! N’hésitez pas à me dire si vous souhaitez plus d’article dans ce genre.

N.B : WordPress gâche toute la qualité des photos, désolée pour celles qui sont floues je n’ai pas réussi à résoudre le problème.
De plus, je ne suis pas encore hyper à l’aise devant l’objectif donc les poses ne sont pas du tout naturelles et plutôt bidons.

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Bodypositivism·Militantisme

Dear skinny people…

Cher gens minces, s’il vous plaît, rendez vous compte de vos privilèges.

L’autre jour j’ai eu le malheur de tweeter « La MaIgRoPhObIe eXiStE » et ce message a déchaîné les foules. Aujourd’hui je viens encore affirmer cette sentence et vous montrer mes arguments. Oui la maigrophobie en tant que telle n’existe pas. Pourquoi ? Parce que la discrimination des personnes minces n’est pas systématique, bien au contraire. Le corps mince est glorifié par la société, c’est un idéal de beauté qui est imposé. Si on veut être belleau, il faut être mince. Alors non, je ne nie pas les moqueries que vous avez pu subir, loin de là. C’est votre vécu, et je ne voudrais pas l’invisibiliser.

Toutefois on ne peut pas parler de discrimination systémique contre les personnes minces ou maigres : vous ne subissez pas un refus de votre corps par la société, vous n’êtes pas marginalisés parce que vous êtes minces. Pour vous aider, on entend par discrimination systémique le processus qui produit et reproduit les places sociales inégalitaires en fonction de l’appartenance à une « classe », une « race », un « sexe », ou en fonction d’un poids (source : lmsi.net). On reconnaît donc qu’il existe des déséquilibres socio-économiques créés historiquement. Le corps gros face au corps mince fait partie de ces déséquilibres. Ces processus discriminatoires, qui sont alors complètement intégrés à la société sous-entendent donc que des individus seront inférieurs à d’autres à cause de leur poids, de leur morphologie, de leur origine, de leur couleur de peau, de leur genre, de leur sexualité, etc. Affirmer que la maigrophobie existe revient donc à affirmer que l’hétérophobie, que le racisme anti-blanc, ou je ne sais quel autre concept inventé par les privilégié.e.s, existent. Hors, ce n’est pas le cas.

Encore une fois, je ne cherche pas à invisibiliser votre vécu si vous avez été moqué.e à cause de votre poids alors que vous êtes mince. Toutes les moqueries liées à l’apparence, au mental, à la personnalité, ou je ne sais quoi encore, sont inadmissibles. Et je pense que si nous étions dans une société qui prônent l’acceptation de soi plutôt que de prôner un seul idéal de beauté, les moqueries seraient quasiment inexistantes. Toutefois toutes ces moqueries que vous avez subi font partie du body-shaming, et non pas de la maigrophobie ou de la minçophobie. N’allez pas vous inventez une lutte, je vous en prie, car vous êtes déjà privilégié.e.s.

Vous devez sûrement maintenant vous demandez pourquoi la grossophobie pourrait exister si la maigrophobie n’existe pas ? La grossophobie est un phénomène tellement intériorisé par la société que chacun des individus ne se rend plus forcément compte de ses actes, ses pensées ou ses paroles quand iels sont grossophobes. La grossophobie est un processus de rejet du corps gros que l’on peut rencontrer dans plein de domaines différents de la vie :

  • Le travail : selon le Défenseur des droits et l’Organisation Internationale du travail, 20% des demandeurs d’emplois en situation d’obésité et 5% des demandeurs en surpoids ont été discriminés à l’embauche (hommes et femmes confondus). Et le phénomène est encore plus fort chez les femmes : 34% des femmes obèses et 11% des femmes en surpoids qui sont en demande d’emploi ont été discriminées. Les hommes quant à eux, ce sont 25% des hommes obèses et 6% des hommes en surpoids qui sont discriminés à l’embauche. Ces chiffres, datant de 2016, soulèvent deux problèmes essentiels : les personnes grosses, en général, sont plus facilement exclus pour un boulot. Le deuxième problème concerne plus un soucis d’inégalités entre les hommes et les femmes, en plus d’être un problème de grossophobie, les pressions sociales concernant le physique sont plus importantes envers les femmes.
  • La vie publique : quand une personne grosse veut sortir, elle a régulièrement l’angoisse de « et si j’étais trop gros.se pour… ». Et si j’étais trop gros.se pour passer les barrières de sécurité du métro, et si j’étais trop gros.se pour les sièges avec accoudoirs de ce café, et si j’étais trop gros.se pour les sièges de ce bus, et si j’étais trop gros.se pour cette attraction. Les personnes grosses font constamment face à un monde qui n’est pas adapté à leur morphologie. Et pourtant, elles composent tout de même environ 20% de la population. Alors pourquoi les équipements de la société ne peuvent pas s’adapter à elles ? Pourquoi une grande partie des cafés optent pour des sièges à accoudoir où les gros.ses ne pourront pas rentrer leurs fesses ou dans le cas où elles pourraient ces accoudoirs leurs scieraient les cuisses ? Pourquoi certaines compagnies aériennes font payer un siège de plus sous prétexte qu’une personne est grosse ? Toutes ces questions que ce sont déjà posé les gros.ses sont le résultat d’une société qui ne s’adaptent pas à ses individus alors que ce sont ces mêmes individus qui la composent. En niant le corps gros, notre société s’imagine peut-être qu’elle effacera ce problème qu’est l’obésité ?
  • Les soins et le corps médical : être gros.se c’est aussi faire face à des violences médicales (qu’elles soient physiques ou bien mentales) et voir tous ses problèmes toujours rapportés au poids. « Oh vous êtes enrhumés ? C’est à cause de votre poids, et si vous alliez voir un nutritionniste ? ». Je ne suis pas médecin, et pourtant je sais bien que si j’ai attrapé froid ce n’est pas à cause de mes kilos en trop. De plus, les agents de soin ne sont pas formés à s’occuper d’un corps gros. C’est pourquoi on retrouve régulièrement des témoignages de femmes enceintes et grosses, par exemple, qui se retrouvent avec des bleus et des douleurs infernales après une échographie, parce que la personne chargée de faire cette échographie a énormément appuyé sur le ventre. « Vous comprenez avec toute votre graisse je suis obligée de vous faire mal. ». Alors peut-on savoir pourquoi des médecins arrivent à nous soigner sans nous faire de mal ? Ce n’est pas parce que nous sommes gros.ses que nous méritons de souffrir. D’ailleurs le G.R.O.S (Groupe de Réflexion sur l’Obésité et le Surpoids) propose  un annuaire de praticiens safes un peu partout en France.
  • La nourriture : à chaque fois que l’on verra un.e gros.se manger une salade dans la rue on va se dire « tiens iel est au régime ». Quand un.e gros.se achète des croissants iel va avoir droit à des remarques du genre « Vous devriez faire attention, ce n’est pas bon pour vous ». Tout le monde se prétend diététicien et bon penseur quand il s’agit de l’alimentation des gros.ses. Nous ce qu’on demande c’est juste de pouvoir se nourrir en paix ! Laissez nous manger notre salade, si on a envie d’une salade, laissez nous manger nos croissants si on a envie de croissants. Et mêlez-vous de vos affaires. Jamais vous n’iriez dire à quelqu’un que vous ne connaissez pas, s’iel n’est pas gros.se, « oh, fait attention, ce n’est pas bon pour toi ». Arrêtez de vous prétendre nutritionniste de comptoir s’il vous plaît. Je pense qu’on est plus à même de savoir ce qui est bon pour nous, qu’une personne random qu’on ne connaît ni d’Ève, ni d’Adam.

Ces 4 points ne sont qu’un échantillon des discriminations que peuvent subir les personnes grosses. Si vous voulez en savoir plus vous pouvez toujours lire Gros n’est pas un gros mot de Daria Marx et Eva Perez-Bello (j’ai écrit un article ici à son sujet). Ce livre recense toutes les discriminations du quotidien auxquelles nous faisons face. C’est un ouvrage tout à fait judicieux pour s’instruire sur le sujet et prendre conscience de sa propre grossophobie. Oui parce qu’une personne ne peut réellement devenir consciente sur ce sujet qu’à partir du moment où elle réalise que ses gestes, ses pensées, ses actes sont grossophobes. J’ai été grossophobe, tu es grossophobe. C’est à nous tous d’agir pour changer ça, pour changer la société grossophobe et discriminante dans laquelle nous vivons.

Pour en revenir au sujet principal qu’est la « maigrophobie », ce terme, cette lutte, ce concept ne pourront réellement exister que quand les personnes maigres et minces auront vécu autant de discriminations que les personnes grosses. Vous n’êtes pas discriminés dans tous les domaines de la vie courante, vous ne subissez pas la pression que nous, les gro.ses, nous subissons. Selon la société, notre vie fait partie du domaine publique où tout le monde peut y mettre son grain de sel. Je ne suis pas d’accord avec ça, je lutte pour que nous puissions vivre en paix.

Je peux concevoir que vous ayez vécu des moqueries, mais je me permet d’avancer que ces moqueries sont des « cas à part ». Tous les minces ne subissent pas de moqueries pour leur poids, tous les minces n’ont pas de problèmes à s’insérer dans la société. Et encore pire que ça, le corps mince est glorifié par la société, c’est le seul idéal de beauté qui existe à l’heure actuelle. Mais toutes ces moqueries ne sont pas systématiques, personne n’exclue toutes les personnes maigres parce qu’elles sont maigres. Mais la société exclue et marginalise les personnes grosses à cause de leur poids. Pourquoi cette différence de traitement ? Elle est inacceptable. Et c’est ensemble que nous pouvons changer ça !

J’espère qu’avec l’avancement de tous ces arguments vous prendrez donc conscience que la maigrophobie n’existe pas, au même titre que le racisme anti-blanc ou que l’hétérophobie. Et si, malgré tout, vous pensez que c’est une lutte qui existe et qui a autant de légitimité que la grossophobie alors vous êtes grossophobe.

Alors s’il vous plaît, chères personnes minces, prenez conscience de vos privilèges. Et au lieu de vous inventer une lutte qui n’en vaut pas la peine, venez vous battre à nos côtés. Ensemble nous combattrons le body-shaming et la grossophobie.

(image d’en tête : Rachel Cateyes)

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