Culture·Spectacles

Spectacle – Le délirium du papillon

Le jeudi 22 novembre 2018, 18h30. Un amphithéâtre, tout ce qu’il y a de plus ordinaire. On nous demande de nous installer, le spectacle va commencer. C’est le rendez-vous habituel, le Retour du Jeudi. Comme à mon habitude, je fais confiance à la programmation, c’est la sortie culturelle de la semaine. Un bruit court : « à ce qu’il paraît, il ne vaut mieux pas se mettre tout devant ». Plutôt résiliante, je décide de suivre ce conseil. Sur scène, on peut apercevoir une grande bâche, jouant le rôle du rideau rouge probablement. Un décor bien curieux. Une fois la place trouvée et le public bien installé, les lumières s’éteignent. Entourée d’un ou deux amis, je suis parée pour découvrir ce spectacle. Je suis ici, sans aucune attente, j’ai préféré me laisser surprendre et je n’ai rien lu, ni rien regardé à propos du spectacle qui nous attend. Levé de rideau.

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Source : theatredescrescite.com

Ce jour là, je suis allée voir le Délirium du Papillon, un spectacle de Typhus Bronx. Typhus Bronx est un clown qu’on pourrait qualifier de caustique. Ce qui signifie, selon le CNRTL (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales), « qui est cinglant, blessant dans la plaisanterie ou la satire ». Le Délirium du Papillon est écrit et joué par Emmanuel Gil, et la mise en scène ainsi que la composition musicale sont faites par Marek Kastelnik. Emmanuel Gil est comédien, et après avoir effectué des études de langue et une formation préliminaire aux arts du cirque, il intègre en 2006, le Théâtre-École d’Aquitaine. En 2009, il intègre la compagnie Dodeka, et créé ensuite sa propre compagnie, 7ème sol, en 2010. Il travaille alors avec d’autres comédiens et clowns et entame une recherche autour de la rencontre entre le tragique et le comique et sur les différentes figures du marginal dans notre société. C’est ainsi, qu’en 2014, il créé le personnage de Typhus Bronx et sort par la même occasion le spectacle le Délirium du Papillon. Par la suite, en 2016, il sort son deuxième spectacle avec Typhus Bronx, dénommé La Petite histoire qui va te faire flipper ta race.

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Source : sauvagnon.fr

Mais que nous raconte donc le Délirium du Papillon ? Typhus Bronx nous présente sa chambre blanche, ses fantômes et le papillon qui est en lui. Dans une intimité presque effrayante, le clown nous présente ses joies et ses peines. Avec lui nous avons peur, avec lui nous rions, et avec lui nous pleurons. Ce spectacle, fort en émotions, est une immersion au sein de la schizophrénie. Les images qu’il nous renvoie sont empreintes d’une insouciance spectaculaire. Typhus Bronx nous donne à voir l’âme d’un enfant face à ses démons. Le clown teste nos limites avec ses nombreux personnages. L’enfantin nous fera rire et pleurer, le démon nous fera peur. Le clown subit cette confrontation entre le bien et le mal. Arrivera-t-il à faire sortir ce papillon qui est en lui ? Mais retournons à notre spectacle.

Sur la scène, on découvre un homme coincé dans une sorte de cage, bien resserrée autour de lui. Tout habillé de blanc, un bandage sur la tête, il se réveille. Il est prisonnier d’une camisole. Le décor est tout à fait minimaliste. Une table dans un coin de la scène. Juste à côté, une grande lampe. On peut également apercevoir, de l’autre côté de la scène, un pied à perfusion. Une grande bâche blanche entoure ce décor et pourrait nous faire penser qu’elle délimite son territoire d’action.

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Source : artenprod.fr
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Source : lanouvellerepublique.fr

C’est un spectacle qui m’a particulièrement émue et fait rire à la fois. Ce mélange d’émotion est assez étrange et singulier. L’artiste arrive avec brio au parfait mélange recherché entre le tragique et le comique. Il traite d’un sujet plutôt assez sérieux avec beaucoup d’humour : l’enfermement psychiatrique. Ce qui nous fait comprendre que Typhus Bronx fait partie de cet univers c’est l’omniprésence du blanc sur scène, comme on peut le voir sur les deux photos précédentes. De plus, le costume du clown fait également partie du champ de la médecine : la camisole qu’il porte, son bandage sur la tête, la blouse et la couche qu’il porte, etc. Cette ambiance médicale qui est créée sert à imposer une ambiance un peu glauque et tragique. Toutefois, pendant la majorité de l’œuvre, et ce malgré cette ambiance tragique, le clown adopte un comportement qu’on pourrait penser typique d’un enfant, ce qui donne une ambiance plutôt comique, et sert à faire rire le spectateur. Par l’utilisation de mots inventés ou tronqués et par sa gestuelle, l’artiste donne à voir un personnage empreint d’insouciance qui fait face à un contexte plutôt dur : le milieu médical.

Typhus Bronx joue aussi sur la proximité avec les spectateurs pour faire passer ses émotions. En effet, du début à la fin du spectacle, le personnage interagit avec le public en nous appelant « mes fantômes », comme si nous étions invités chez lui. Ses interactions ne sont pas seulement des interactions verbales mais sont aussi physique. Par exemple, Typhus Bronx ira caresser des cheveux, demandera à se faire frapper, empruntera un téléphone, ou partagera son repas avec certains spectateurs. En plus de créer une certaine proximité avec le public, une gêne s’installera parmi celui-ci. En effet, Typhus Bronx ne possède pas les codes sociaux liés au bien-vivre en société : en crachant sa nourriture sur les gens, en léchant des visages, il installe une certaine gêne parmi nous. Ce qui peut amener à espérer ne pas faire parti des choisis par l’artiste. Ce comportement avec le public nous prouve toutefois que le comédien est un très grand artiste puisque celui-ci improvise totalement ses interactions avec les personnes présentes dans la salle. Il ne peut pas savoir comment ces personnes réagiront à l’avance. Et ces improvisations sont instantanées et paressent naturelles, pas une fois il ne sortira de son personnage.

Le Délirium du Papillon est également un spectacle qui nous emmène aux tréfonds de la folie pour faire face à nos émotions brutes. Il nous fait nous questionner sur le milieu de l’internement psychiatrique tout en nous distrayant le temps d’une soirée. L’artiste nous obligera à faire face aux démons qui hantent Typhus Bronx,

Tous ces éléments m’amènent à dire que c’est un spectacle qui m’a profondément marqué, avant tout parce qu’on peut littéralement passer du rire aux larmes, ou inversement. Le travail du comédien est grandiose, et ses différentes improvisations, selon les situations, sont impressionnantes. Dans l’imaginaire collectif, quand on entend clown, on pense immédiatement à de l’humour gras, basé sur des chutes ou des batailles entre clown. Ici, Typhus Bronx, en menant une bataille contre lui même, nous prouve qu’être clown ce n’est pas seulement recevoir des tartes à la crème en plein visage, mais que l’humour clownesque peut être aussi empreint d’une certaine poésie. Et pour justifier mes propos, je souhaite illustrer avec le moment du spectacle ou Typhus Bronx s’enroule dans la bâche blanche qui sert de décor, pour devenir un cocon et, par la suite, se transformer en un papillon. La fin, selon moi, est inattendue et émouvante. C’est ainsi, qu’avec certitude, je peux affirmer que je pourrais aller voir et revoir ce spectacle sans m’en lasser, et que sans aucune hésitation, si l’occasion s’en présente, j’irais voir d’autres de ses programmations.

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Culture·Féminisme·Lecture·Militantisme

Lecture – Faiminisme, quand le sexisme passe à table

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Source : www.francetvinfo.fr

Nora Bouazzouni, journaliste, traductrice freelance et autrice du livre Faiminisme, quand le sexisme passe à table, établit, dans celui-ci, le lien intrinsèque qui existe entre la domination masculine et la nourriture. En effet, selon elle, les hommes, depuis la nuit des temps, se seraient accaparés les rôles de pouvoir pour dominer et posséder le corps des femmes.

Nous apprenons, dans cet ouvrage, qu’au tout début de notre société, quand elle venait de devenir sédentaire, les femmes se seraient chargées des tâches de cueillettes puisqu’il s’agissait des fonctions liées à la survie, qui étaient le plus compatibles avec la mise au monde d’un enfant. L’autrice nous dit, avec beaucoup d’humour :

 

« Porter un enfant, le mettre au monde, l’allaiter durant les premières années de sa vie ont fait des femmes les gardiennes « naturelles » d’une progéniture sujette à une mortalité infantile très élevée et qui devait encombrer pas mal quiconque tentait de pister le sanglier »
Nora BOUAZZOUNI, Faiminisme, quand le sexisme passe à table, p. 13, 2017.

Nora Bouazzouni, dans son livre, établit ses propos à l’aide de nombreuses sources, telles que des historiennes (Gerda Lerner, par exemple), des blogueuses (Emma, autrice de la BD « Fallait demander »), des sociologues (par exemple, Sandra Hoiban), etc. Ces sources nombreuses et variées peuvent nous certifier que l’autrice est renseignée sur le sujet, et que le livre qu’elle a écrit est un ouvrage sérieux.

Faiminisme, quand le sexisme passe à table, me semble être un essai féministe tout à fait judicieux pour commencer à s’informer sur le sujet ou même pour approfondir celui-ci. Il dresse un lien entre le fait d’être féministe et végétarienne, et nous met face à la question non élucidée : peut-ont être féministe et consommer de la viande ?

Je trouve que le livre tente de nous donner les clés pour comprendre le patriarcat et cette problématique de la soumission à cause de la nourriture, sans pour autant chercher à nous convaincre des bien-faits du végétarisme. Il nous met face à nous même, et permet ainsi de nous questionner sur nos modes de consommation et sur notre façon d’être féministe.

Même si je n’ai pas toujours été d’accord avec l’autrice sur certains sujets, le livre m’a permis d’approfondir mes connaissances en féminisme, en premier lieu grâce aux différentes sources, mais également parce que ses questionnements et le déroulement du bouquin sont très intéressants. J’ai finalement plus eu l’impression de discuter avec une copine, où chacune d’entre nous aurait amené ses arguments sans tenter de convaincre l’autre qu’il n’y aurait qu’une seule véritable bonne façon de penser.

Je vous conseille en somme de tenter cette lecture si vous vous intéressez au féminisme ou si vous souhaitez commencer à vous y intéresser.


Synopsis :

«Quel rapport entre le patriarcat et une entrecôte ? Où se cachent les cheffes ? L’agriculture est-elle une affaire de mecs ?» Dans une époque devenue si sensible au slow food, si attentive aux tendances culinaires, nous nous voilons trop souvent la face sur la place de la femme dans l’organisation de cet acte essentiel qui est celui de (se) nourrir. Rapports ambigus ou destructeurs entre chair et chère, domestication et émancipation, genre et gastronomie… Avec ce livre, nous tentons d’expliquer par le menu comment nourriture, sexe et genre féminin demeurent intimement liés, et comment l’alimentation a toujours permis d’asservir les femmes.


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Source : food4fun.eklablog.com

 

Auteure : Nora Bouazzouni

Edition : Nouriturfu

Prix : 14€

Nombre de pages : 117

 

 

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Féminisme·Militantisme

Episode 4 – Les newsletters féministes

Dans cet article je souhaite vous parler des newsletters féministes auxquelles j’ai été ou je suis abonnée. Elles permettent de bien mettre un pied dans ces mouvements grâce à différentes actualités sur les femmes, sur les luttes de genre et de sexualité mais aussi sur la culture. Toutes ces newsletters sont, de base, en français, par choix. Je vous ferais, peut-être, un jour, une liste de newsletters anglophones.

  • Quoi de meuf ? créée par Clémentine Gallot et Mélanie Wanga

Pour s’inscrire.

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Source : quoidemeuf.net

Quoi de meuf ? est une newsletter hebdomadaire qui vous parlera des questions de genre, du féminisme mais également de pop culture. Les créatrices, toutes deux journalistes, avaient besoin d’un exécutoire où elles pourraient échanger et parler de tels sujets sans avoir leurs employeurs sur le dos. Ainsi est née, Quoi de meuf ?.

 

  • Les Glorieuses, créée par Rebecca Ansellem

Pour s’inscrire.

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Source : twitter.com/les_glorieuses

Les Glorieuses est une newsletter hebdomadaire qui est très orientée vers l’actualité. Proposant ainsi chaque semaine « les 10 news de la semaine », la newsletter nous propose des liens vers d’autres articles français ou internationaux, ayant toujours un rapport avec les femmes. Petit moins : il faut pouvoir lire et comprendre l’anglais pour pouvoir lire la majorité des articles. La newsletter nous dresse également un agenda des sorties culturelles. Néanmoins celles-ci ne se déroulent que dans la capitale.

 

 

  • Les Petites Glo’, la petite sœur des Glorieuses

Pour s’inscrire.

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Source : lesglorieuses.fr

 

Les Petites Glo’ est destinée aux plus jeunes d’entre nous. Cette newsletter hebdomadaire s’adressent avant tout aux adolescentes et traitent ainsi de sujet qui intéressent plus les jeunes. Plus courte et plus imagée, cette newsletter est parfaite pour s’initier au féminisme.

 

 

  • La Newsletter de ma Chatte, créée par Cluny Braun

Pour s’abonner.

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Source : lignesdeforce.wordpress.com

Cette newsletter, au nom plus qu’équivoque, nous parle de sexualité, une fois par mois, dans notre boite mail. La créatrice nous concocte des témoignages, des interviews et des conseils autour du sexe (autant l’organe que l’acte en lui-même). C’est celle-ci qu’il vous faut si vous souhaitez parler de masturbation ou de pertes vaginales.

 

  • Atoubaa letters, créée par Rhoda Tchokokam

Pour s’inscrire.

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Source : twitter.com/_atoubaa

 

Cette newsletter, envoyée toutes les trois semaines nous dresse une sélection de livres, d’articles, de photographies, etc. Elle a pour particularité d’être tournée vers et pour les femmes noires et est également écrite par celles-ci. Mettant ainsi en avant les talents de femmes trop souvent laissées à l’arrière-plan.

 

 

  • What’s Good, créée par Mélody Thomas et Jennifer Padjemi

Pour s’inscrire.

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Source : facebook.com/whatsgoodnl/

 

Cette newsletter bi-mensuelle, est composée de recommandations culturelles en matière de séries, musiques, films, etc. Les recommandations qui y sont effectuées ne concernent, toutefois, pas que les femmes ou le féminisme. Mais cette newsletter reste malgré tout, engagée. Elle reste également une des newsletters, en français, les plus inclusives.

 

 

  • Sister Letter, la newsletter créée par ta sœur

Pour s’inscrire.

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Source : sisterforever.fr

Si vous souhaitez une newsletter sur un ton un peu plus léger que les autres, c’est celle-ci qu’il vous faut. Sister Letter, est une newsletter hebdomadaire qui nous livre « tout ce que ta sœur aurait dû te dire! ».

 

 

  • Women Who Do Stuff, pour les femmes qui font des choses

Pour s’inscrire.

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Source : twitter.com/womenwhodostuff

A nouveau, Women Who Do Stuff, est une newsletter hebdomadaire. Elle te présente des femmes connues ou pas, qui font des choses. Quoi ? Peu importe, tant qu’elles font des choses. On peut alors découvrir des femmes de tout horizon, célèbres ou non qui sont créatrices de musique, de dessins, de théâtre, qui bricolent, qui trafiquent, qui lancent des projets, etc. Juste des femmes qui font.

 

 

 

Cet article est maintenant terminé. J’espère que vous aurez trouver votre bonheur dans ces différentes newsletters. N’hésitez pas à me donner votre avis ou à me partager vos newsletters préférées.

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Bodypositivism·Culture·Féminisme·Militantisme·Musique

La playlist qui fait du bien au self-love

Il y a quelques temps je me suis rendue compte que certaines musiques pouvaient réussir à jouer sur mon humeur du jour, sur la façon dont je me perçois et sur ma confiance en moi. Depuis, j’aime bien écouter le matin, avant d’aller en cours ou au moment de me préparer, ces chansons qui me boostent pour la journée. 

Étonnamment, la  plupart sont chantées par des femmes. La plupart des chansons parlent d’accepter son corps, de l’empowerment des femmes, du corps des femmes et de son objetisation mais également de notre force. Je vous laisse découvrir ces chansons de suite.

On commence la playlist avec le groupe Icon For Hire et la chanson Now You Know, dont je vous avais déjà parlé ici.  Dans cette chanson, le groupe nous dépeint la vie d’une femme dans  le monde de la musique, avec toutes ses injonctions à la beauté, et il dénonce le sexisme ambiant de ce domaine.

Seems like everywhere I go, everybody wanna know / What’s it like to be a girl, in the music world / Wanna make it disappear, tell’em what they wanna hear. Icon For Hire, Now You Know

Traduction : Il semble que partout où je vais, tout le monde veut savoir / Ce que c’est d’être une fille dans le monde de la musique / Je veux le faire disparaître, dîtes leurs ce qu’ils veulent entendre

Pour la deuxième chanson, je vous présente ***Flawless, de Beyoncé, en featuring avec Chimamanda Ngozi Adichie, dont je vous avais déjà parlé ici. Les deux femmes, nous présentent ici une chanson sur l’éducation des petites filles, sur la façon qu’on a d’élever les filles dans la société actuelle. La chanson dénonce l’éducation sexiste où on baigne depuis toujours. 

We say to girls: « You can have ambition, but not too much / You should aim to be successful, but not too successful / Otherwise, you will threaten the man ».  Beyonce featuring Chimamanda Ngozi Adichie,***Flawless

Traduction : Nous disons aux filles : « Tu peux avoir de l’ambition mais pas trop / Tu peux connaître le succès mais pas trop non plus / Sinon tu seras une menace pour l’homme ».

Passons maintenant à une chanson française. Madame Monsieur a sorti une chanson s’intitulant Comme Une Reine, qui fait l’éloge, à travers son clip, de toutes les beautés des corps, et qui nous transmet un message sur l’acceptation de soi. 

Tu n’as rien à cacher de ton corps et tes formes / Tu n’as rien à perdre et tout à gagner / Babe, il est temps de réconcilier / Ta différence et ta beauté. Madame Monsieur, Comme Une Reine

Une autre chanson française : Bagarre nous présente une chanson sur la masturbation féminine, Diamant. Ce clip et ces paroles sont clairement une ode à la masturbation féminine afin de la désacraliser pour casser les tabous à ce sujet.

Index a l’envers / Majeur en l’air / À chaque doigt son diamant / Gloire à l’amour solitaire. Bagarre, Diamant

De retour aux chansons anglophones, j’ai découvert il y a peu une chanson des Little Mix, Strip, qui nous parle de la diversité des beautés des corps et qui dénonce, à nouveau, les injonctions à la beauté qu’on nous inflige.

You say I ain’t pretty / Well, I say I’m beautiful, it’s my committee / Say we too provocative / Still look at me, look at me, look at me, yeah. Little Mix, Strip

Traduction : Tu dis que je ne suis pas jolie / Je dis que je suis belle, c’est mon comité /  Toujours en train de me regarder, regarde moi, regarde moi 

Hailee Steinfield dans sa chanson Love Myself, ne passe pas par quatre chemins et nous offre une chanson sur le fait de s’aimer soi même.
I’m gonna put my body first / And love me so hard ’til it hurts / I know how to scream out the words / Scream the words. Hailee Steinfield, Love Myself

Traduction : Je vais mettre mon corps en premier / Et m’aimer tellement jusqu’à ce que ça fasse mal / Je sais comment crier les mots / Crier les mots

Rachel Platten, avec sa chanson Fight Song, nous montre que quand on croit en nous on peut arriver à ce dont on a envie. A chaque fois, cette chanson me redonne l’espoir dont j’ai besoin pour arriver au bout de mes projets et de mes rêves. 

My power’s turned on / Starting right now I’ll be strong / I’ll play my fight song / And I don’t really care if nobody else believes / Cause I’ve still got a lot of fight left in me. Rachel Platten, Fight Song

Traduction : Mon pouvoir s’est déclenché / A partir de maintenant je serais forte / Je jouerais ma chanson de combat / Et je m’en fous si personne d’autre y croit / Parce que j’ai toujours beaucoup de combat en moi

L’incontournable chanson Born This Way de Lady Gaga fait également partie de cette playlist. En effet, la chanson évoque le fait de s’aimer telle que l’on est puisque nous avons été créé ainsi et d’affirmer qui on est.

There’s nothing wrong with loving who you are / She said, « Cause he made you perfect, babe » / So hold your head up girl and you’ll go far. Lady Gaga, Born This Way

Traduction : Il n’y a rien de mal à aimer qui tu es / Elle disait, « parce qu’Il t’a créé parfaite bébé » / Alors garde la tête haute ma fille et tu iras loin

Passons maintenant à une de mes chansons préférées : Brave de Sara Bareilles. Elle nous invite, par sa chanson à être courageuse, à relever la tête et faire ce qu’on a envie de faire sans se soucier des autres et de leurs regards. 

Say what you wanna say / And let the words fall out / Honestly I wanna see you be brave / With what you want to say. Sara Bareilles, Brave

Traduction : Dis ce que tu voudrais dire / Et laisse les mots sortir / Honnêtement, je veux te voir courageux

Dans Scars To Your Beautiful, Alessia Cara nous passe un message : nous sommes belles comme nous sommes, peu importe les subterfuges que nous utilisons. Cette chanson aborde également le diktat de la minceur que nous subissons à cause de la société et des maladies qui en découlent.  

You should know you’re beautiful just the way you are / And you don’t have to change a thing / The world could change it’s heart / No scars to your beautiful / We’re stars and we’re beautiful. Alessia Cara, Scars To Your Beautiful

Traduction : Tu devrais savoir que tu es belle comme tu es / Et tu n’as rien à changer / Le monde pourrait changer son état d’esprit / Pas de cicatrices à ta beauté / Nous sommes des étoiles et nous sommes belles

Jessie J, avec Queen, nous donne une chanson qui est ouvertement une ode à l’amour de soi et de son corps. Dans son clip, elle nous montre une grande diversité de corps, et c’est une grosse plus-value. 

I love my body, I love my skin / I am a goddess, I am a queen. Jessie J, Queen

Traduction : J’aime mon corps, j’aime ma peau / Je suis une déesse, je suis une reine

Anne-Marie dans sa chanson Perfect To Me, fait également un plaidoyer pour la beauté et la diversité des corps. Dans son clip on peut la voir au naturel, et on nous montre également des gens répondant à la question « what does perfect mean to you? » (traduction : qu’est ce que parfait, signifie pour vous?). La question est juste et on peut remarquer que les réponses sont aussi nombreuses que les définitions de perfection. Il n’y a pas UNE perfection mais DES perfections. 
Love every single part of my body / Top to the bottom / I’m not a supermodel from a magazine / I’m okay with not being perfect. Anne-Marie, Perfect To Me

Traduction : J’aime chaque partie de mon corps / De la tête aux pieds / Je ne suis pas un mannequin tiré d’un magazine / Je suis d’accord avec le fait de ne pas être parfaite

Comment faire une playlist sur le self-love sans évoquer l’incontournable Meghan Trainor, notamment avec sa chanson Me Too? Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la chanson ne concerne pas les hashtags #MeToo et #BalanceTonPorc, mais c’est bel et bien une chanson sur la confiance en soi. Dans celle-ci, la chanteuse nous dit qu’elle aimerait être elle si elle était quelqu’un d’autre. Cette chanson fait du bien à écouter et surtout à chanter à tue-tête.

Who’s that sexy thing I see over there? / That’s me, standin’ in the mirror / What’s that icy thing hangin’ ’round my neck? / That’s gold, show me some respect. Meghan Trainor, Me Too

Traduction : Qui est cette chose que je vois par là ? / C’est moi, me tenant devant le miroir / Quelle est cette chose gelée pendue autour de mon cou ? / C’est de l’or, montre moi du respect

Voici maintenant une de mes chansons et un de mes clips préférés. Il s’agit de la chanson Try de Colbie Caillat. Dans son clip on peut y voir de nombreuses beautés différentes, elle nous chante une ode à la beauté naturelle. Des femmes de tout âge, y compris la chanteuse, tout le long de la vidéo, retirent peu à peu leur maquillage, leurs faux-cils, leurs perruques, etc. Jusqu’à se retrouver complètement naturelles devant nos yeux.

Wait a second, / Why should you care, what they think of you / When you’re all alone, by yourself / Do you like you?  Colbie Caillat, Try

Traduction : Attends une seconde, / Pourquoi tu devrais t’en faire de ce qu’ils pensent de toi / Quand tu es toute seul, livrée à toi même / Est-ce-que tu t’aimes ?

Cet article se finit avec cette chanson. J’espère qu’il vous aura plu, et j’espère que vous aurez découvert et aimé de nouvelles chansons. Si vous avez des suggestions, je suis toujours preneuse! Sans titre 8