Militantisme

Dear skinny people…

Cher gens minces, s’il vous plaît, rendez vous compte de vos privilèges.

L’autre jour j’ai eu le malheur de tweeter « La MaIgRoPhObIe eXiStE » et ce message a déchaîné les foules. Aujourd’hui je viens encore affirmer cette sentence et vous montrer mes arguments. Oui la maigrophobie en tant que telle n’existe pas. Pourquoi ? Parce que la discrimination des personnes minces n’est pas systématique, bien au contraire. Le corps mince est glorifié par la société, c’est un idéal de beauté qui est imposé. Si on veut être belleau, il faut être mince. Alors non, je ne nie pas les moqueries que vous avez pu subir, loin de là. C’est votre vécu, et je ne voudrais pas l’invisibiliser.

Toutefois on ne peut pas parler de discrimination systémique contre les personnes minces ou maigres : vous ne subissez pas un refus de votre corps par la société, vous n’êtes pas marginalisés parce que vous êtes minces. Pour vous aider, on entend par discrimination systémique le processus qui produit et reproduit les places sociales inégalitaires en fonction de l’appartenance à une « classe », une « race », un « sexe », ou en fonction d’un poids (source : lmsi.net). On reconnaît donc qu’il existe des déséquilibres socio-économiques créés historiquement. Le corps gros face au corps mince fait partie de ces déséquilibres. Ces processus discriminatoires, qui sont alors complètement intégrés à la société sous-entendent donc que des individus seront inférieurs à d’autres à cause de leur poids, de leur morphologie, de leur origine, de leur couleur de peau, de leur genre, de leur sexualité, etc. Affirmer que la maigrophobie existe revient donc à affirmer que l’hétérophobie, que le racisme anti-blanc, ou je ne sais quel autre concept inventé par les privilégié.e.s, existent. Hors, ce n’est pas le cas.

Encore une fois, je ne cherche pas à invisibiliser votre vécu si vous avez été moqué.e à cause de votre poids alors que vous êtes mince. Toutes les moqueries liées à l’apparence, au mental, à la personnalité, ou je ne sais quoi encore, sont inadmissibles. Et je pense que si nous étions dans une société qui prônent l’acceptation de soi plutôt que de prôner un seul idéal de beauté, les moqueries seraient quasiment inexistantes. Toutefois toutes ces moqueries que vous avez subi font partie du body-shaming, et non pas de la maigrophobie ou de la minçophobie. N’allez pas vous inventez une lutte, je vous en prie, car vous êtes déjà privilégié.e.s.

Vous devez sûrement maintenant vous demandez pourquoi la grossophobie pourrait exister si la maigrophobie n’existe pas ? La grossophobie est un phénomène tellement intériorisé par la société que chacun des individus ne se rend plus forcément compte de ses actes, ses pensées ou ses paroles quand iels sont grossophobes. La grossophobie est un processus de rejet du corps gros que l’on peut rencontrer dans plein de domaines différents de la vie :

  • Le travail : selon le Défenseur des droits et l’Organisation Internationale du travail, 20% des demandeurs d’emplois en situation d’obésité et 5% des demandeurs en surpoids ont été discriminés à l’embauche (hommes et femmes confondus). Et le phénomène est encore plus fort chez les femmes : 34% des femmes obèses et 11% des femmes en surpoids qui sont en demande d’emploi ont été discriminées. Les hommes quant à eux, ce sont 25% des hommes obèses et 6% des hommes en surpoids qui sont discriminés à l’embauche. Ces chiffres, datant de 2016, soulèvent deux problèmes essentiels : les personnes grosses, en général, sont plus facilement exclus pour un boulot. Le deuxième problème concerne plus un soucis d’inégalités entre les hommes et les femmes, en plus d’être un problème de grossophobie, les pressions sociales concernant le physique sont plus importantes envers les femmes.
  • La vie publique : quand une personne grosse veut sortir, elle a régulièrement l’angoisse de « et si j’étais trop gros.se pour… ». Et si j’étais trop gros.se pour passer les barrières de sécurité du métro, et si j’étais trop gros.se pour les sièges avec accoudoirs de ce café, et si j’étais trop gros.se pour les sièges de ce bus, et si j’étais trop gros.se pour cette attraction. Les personnes grosses font constamment face à un monde qui n’est pas adapté à leur morphologie. Et pourtant, elles composent tout de même environ 20% de la population. Alors pourquoi les équipements de la société ne peuvent pas s’adapter à elles ? Pourquoi une grande partie des cafés optent pour des sièges à accoudoir où les gros.ses ne pourront pas rentrer leurs fesses ou dans le cas où elles pourraient ces accoudoirs leurs scieraient les cuisses ? Pourquoi certaines compagnies aériennes font payer un siège de plus sous prétexte qu’une personne est grosse ? Toutes ces questions que ce sont déjà posé les gros.ses sont le résultat d’une société qui ne s’adaptent pas à ses individus alors que ce sont ces mêmes individus qui la composent. En niant le corps gros, notre société s’imagine peut-être qu’elle effacera ce problème qu’est l’obésité ?
  • Les soins et le corps médical : être gros.se c’est aussi faire face à des violences médicales (qu’elles soient physiques ou bien mentales) et voir tous ses problèmes toujours rapportés au poids. « Oh vous êtes enrhumés ? C’est à cause de votre poids, et si vous alliez voir un nutritionniste ? ». Je ne suis pas médecin, et pourtant je sais bien que si j’ai attrapé froid ce n’est pas à cause de mes kilos en trop. De plus, les agents de soin ne sont pas formés à s’occuper d’un corps gros. C’est pourquoi on retrouve régulièrement des témoignages de femmes enceintes et grosses, par exemple, qui se retrouvent avec des bleus et des douleurs infernales après une échographie, parce que la personne chargée de faire cette échographie a énormément appuyé sur le ventre. « Vous comprenez avec toute votre graisse je suis obligée de vous faire mal. ». Alors peut-on savoir pourquoi des médecins arrivent à nous soigner sans nous faire de mal ? Ce n’est pas parce que nous sommes gros.ses que nous méritons de souffrir. D’ailleurs le G.R.O.S (Groupe de Réflexion sur l’Obésité et le Surpoids) propose  un annuaire de praticiens safes un peu partout en France.
  • La nourriture : à chaque fois que l’on verra un.e gros.se manger une salade dans la rue on va se dire « tiens iel est au régime ». Quand un.e gros.se achète des croissants iel va avoir droit à des remarques du genre « Vous devriez faire attention, ce n’est pas bon pour vous ». Tout le monde se prétend diététicien et bon penseur quand il s’agit de l’alimentation des gros.ses. Nous ce qu’on demande c’est juste de pouvoir se nourrir en paix ! Laissez nous manger notre salade, si on a envie d’une salade, laissez nous manger nos croissants si on a envie de croissants. Et mêlez-vous de vos affaires. Jamais vous n’iriez dire à quelqu’un que vous ne connaissez pas, s’iel n’est pas gros.se, « oh, fait attention, ce n’est pas bon pour toi ». Arrêtez de vous prétendre nutritionniste de comptoir s’il vous plaît. Je pense qu’on est plus à même de savoir ce qui est bon pour nous, qu’une personne random qu’on ne connaît ni d’Ève, ni d’Adam.

Ces 4 points ne sont qu’un échantillon des discriminations que peuvent subir les personnes grosses. Si vous voulez en savoir plus vous pouvez toujours lire Gros n’est pas un gros mot de Daria Marx et Eva Perez-Bello (j’ai écrit un article ici à son sujet). Ce livre recense toutes les discriminations du quotidien auxquelles nous faisons face. C’est un ouvrage tout à fait judicieux pour s’instruire sur le sujet et prendre conscience de sa propre grossophobie. Oui parce qu’une personne ne peut réellement devenir consciente sur ce sujet qu’à partir du moment où elle réalise que ses gestes, ses pensées, ses actes sont grossophobes. J’ai été grossophobe, tu es grossophobe. C’est à nous tous d’agir pour changer ça, pour changer la société grossophobe et discriminante dans laquelle nous vivons.

Pour en revenir au sujet principal qu’est la « maigrophobie », ce terme, cette lutte, ce concept ne pourront réellement exister que quand les personnes maigres et minces auront vécu autant de discriminations que les personnes grosses. Vous n’êtes pas discriminés dans tous les domaines de la vie courante, vous ne subissez pas la pression que nous, les gro.ses, nous subissons. Selon la société, notre vie fait partie du domaine publique où tout le monde peut y mettre son grain de sel. Je ne suis pas d’accord avec ça, je lutte pour que nous puissions vivre en paix.

Je peux concevoir que vous ayez vécu des moqueries, mais je me permet d’avancer que ces moqueries sont des « cas à part ». Tous les minces ne subissent pas de moqueries pour leur poids, tous les minces n’ont pas de problèmes à s’insérer dans la société. Et encore pire que ça, le corps mince est glorifié par la société, c’est le seul idéal de beauté qui existe à l’heure actuelle. Mais toutes ces moqueries ne sont pas systématiques, personne n’exclue toutes les personnes maigres parce qu’elles sont maigres. Mais la société exclue et marginalise les personnes grosses à cause de leur poids. Pourquoi cette différence de traitement ? Elle est inacceptable. Et c’est ensemble que nous pouvons changer ça !

J’espère qu’avec l’avancement de tous ces arguments vous prendrez donc conscience que la maigrophobie n’existe pas, au même titre que le racisme anti-blanc ou que l’hétérophobie. Et si, malgré tout, vous pensez que c’est une lutte qui existe et qui a autant de légitimité que la grossophobie alors vous êtes grossophobe.

Alors s’il vous plaît, chères personnes minces, prenez conscience de vos privilèges. Et au lieu de vous inventer une lutte qui n’en vaut pas la peine, venez vous battre à nos côtés. Ensemble nous combattrons le body-shaming et la grossophobie.

(image d’en tête : Rachel Cateyes)

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Culture·Lecture·Militantisme

Lecture – Gros n’est pas un gros mot

Cet ouvrage, écrit par Daria Marx et Eva Perez-Bello, dresse une définition complète de ce que peut être la grossophobie et dans quels domaines elle intervient.


Qu’est ce que la grossophobie ? 

La grossophobie c’est l’ensemble des attitudes hostiles et discriminantes à l’égard des personnes en surpoids.

Les nouvelles éditions du Larousse Illustré et du Petit Robert ont d’ailleurs décidé d’inscrire leur propre définition de ce mot dans leurs dictionnaires : « attitude de stigmatisation, de discrimination envers les personnes obèses ou en surpoids ».


Synopsis : 

9782290101780« Ce mot ne figure pas dans le dictionnaire, mais il désigne un phénomène réel et ordinaire. Chaque jour, les gros sont victimes de discriminations : si vous pesez 150 kilos, vous aurez du mal à trouver un travail (vous êtes présumé fainéant), à vous habiller (les magasins ne vendent pas de vêtements en taille 60), à vous soigner (il faudra dénicher un cabinet équipé pour vous prendre en charge, et la bienveillance n’est pas toujours au rendez-vous), à prendre l’avion (peut-être devrez-vous réserver un second siège), à vous faire prescrire une contraception, mais aussi à avoir un bébé si l’envie vous en prend… Vous aurez du mal à vivre normalement. Nos préjugés sur les personnes grosses et les comportements qu’ils entraînent ont des conséquences parfois dramatiques. La grossophobie pollue toutes les sphères de la vie. Témoignages à l’appui, voici un tableau choquant et 100 % vrai de ce que vivent les gros, tout le temps, partout.


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Auteures : Daria Marx et Eva Perez-Bello

Edition : Librio

Prix : 5€

 


Mon avis :

C’est un petit livre qui se lit très facilement et rapidement. Il est bien écrit et pointe du doigt très justement, les problèmes que les personnes grosses peuvent rencontrer dans la société. Etant moi-même grosse, je me suis retrouvée dans pas mal des situations qui sont décrites ici. Chaque chapitre du livre est également parsemé de témoignages de personnes grosses.

L’ouvrage est partagé en 19 chapitres, chacun sur des thèmes différents : le cliché des gros, la représentation des gros dans la société, le rapport à la nourriture, l’habillement, le travail, la vie publique, les régimes, les chirurgies, les TCA, la contraception, être une femme grosse, les problématiques de soin, etc.

De plus le livre se finit avec une conclusion des plus justes et qui retranscrit totalement les malaises qu’on peut ressentir en tant que personne grosse.

Le livre ne prend pas du tout un ton moralisateur et sert plus de matériel informatif. Il est là pour informer les gens, et il est accessible à tous. Il nous permet de prendre conscience de toute la grossophobie qu’on a pu intérioriser à cause de la société, du diktat de la minceur et aussi à cause de notre éducation. Je dis nous, parce que la grossophobie n’est pas une « maladie » de personnes minces. Bien au contraire, on est tous et toutes coupables, à un moment donné de notre vie, de grossophobie. Et parfois c’est même sans s’en rendre compte. C’est pour cela que ce bouquin devrait être lu par tous, car il permet de prendre conscience de la société grossophobe dans laquelle nous vivons sans forcément en faire un procès et sans la lyncher. Gros n’est pas un gros mot nous permet d’ouvrir les yeux sur les différentes façons dont la société est grossophobe et non adaptée aux personnes grosses.

En aucun cas, cet écrit est une apologie de l’obésité. Bien au contraire, personne ne désire devenir ou être gros, je peux vous le promettre. Il dresse juste un constat de la stigmatisation dont 20% de la population est victime. Ce que tous les gros demandent, c’est juste de pouvoir vivre tranquillement et en paix avec eux même et avec la société.

Pour fini, je vous laisse sur ce passage de la conclusion :

« La grossophobie ne fait pas maigrir. Le surpoids est un problème bien plus complexe que ce qu’on veut bien nous présenter et l’obésité est une problématique mondiale qui ne va pas disparaître demain.

Il est urgent que les politiques, les soignants et l’ensemble de la société prennent conscience de l’hypocrisie consistant à taper sur les obèses plutôt que de se battre contre l’obésité et d’agir sur ses déterminants. »

« Pour conclure », Gros n’est pas un gros mot, Daria Marx et Eva Perez-Bello

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Culture·Jeu de rôle·Jeux

Jeu de rôle – Fiche personnage – Aslinn O’Brien

Aujourd’hui, j’ai décidé de mettre à votre disposition un personnage que j’ai eu l’occasion de créer pour un JdR.

Résumé du scénario :

En ce mois de janvier 1921, vous êtes invités à la fête d’anniversaire du Docteur Walter, psychiatre de renom. Pour ses 50 ans vous devez lui offrir un cadeau à la hauteur de toutes les curiosités qu’il a pu amasser lors de ses nombreux voyages.

La seule règle que nous avions à respecter c’était de créer un personnage qui possède un lien fort avec le Dr Walter.

Je vous laisse donc découvrir la fiche personnage de Aslinn O’Brien. L’illustration du personnage a été faite par mes soins.


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Nom : Lady Aslinn O’Brien

Âge : 30 ans

Equipement :
cadeau pour le Dr Walter, parapluie bleu, miroir de poche, parure royale

 

 


Biographie  :

Lady Aslinn O’Brien était la dernière descendante directe de la famille royale irlandaise. Son ancêtre, le roi Brian Boru, avait régné sur le Royaume d’Irlande de 941 à 1014. En dépit de son sang royal, elle avait grandi comme n’importe quel autre enfant irlandais : en gardant son insouciance malgré le conflit entre son peuple et les anglais. Elle a été élevée  selon les croyances chrétiennes. Aslinn était donc une jeune femme de bonne famille, pieuse et vertueuse. Plutôt intelligente, elle avait réussi  à développer son sens de la perception au point que ses intuitions étaient souvent les bonnes.

La lady était dotée d’une magnifique chevelure rousse qui tombait délicatement sur ses épaules. Elle aurait pu faire défaillir tous les hommes si elle n’avait pas eu un physique aussi ingrat que celui qu’elle possédait : des épaules carrées qui dissuadaient chaque homme de se frotter à elle, malgré une force quasi inexistante, des tâches de rousseur et une peau rosie qui ne correspondaient pas aux standards de beauté de l’époque, ainsi qu’un  regard qui transperçait l’âme de quiconque réussissait à la regarder dans ses deux yeux en même temps. Parce qu’il était vrai, Aslinn était atteinte d’un léger strabisme, qui contribuait à faire fuir chaque homme qu’elle croisait. Certains osaient dire que son physique si ingrat était le fruit des très nombreuses relations incestueuses qu’avaient toutes les familles royales, au fil des générations, pour ne pas salir leur sang bleu.

La bonne situation situation de sa famille lui avait permis de s’instruire. Et à cette époque, en Irlande, l’instruction des filles se basait sur l’apprentissage de la cuisine, du ménage et du repassage pour qu’elles puissent devenir de parfaites petites ménagères.

C’est en 1916, en Irlande, que Aslinn O’Brien rencontra le Dr Walter. Alors que la guerre civile devenait de plus en plus féroce, le quinquagénaire avait aidé la jeune femme à s’enfuir de son pays. Le docteur avait sûrement voulu sauver la jeune pucelle pour se sentir tel un héros lorsqu’il raconterait ses récits de voyage. Mais il avait été finalement touché, droit au cœur, par la sincérité et l’insouciance d’Aslinn. Dès lors, ils avaient continué à se fréquenter et étaient devenus de bons amis. Lors de chacune de leurs rencontres la jeune trentenaire écoutait avec admiration les récits fantasques du Dr Walter. Une relation paternelle basée sur la bienveillance s’était alors instaurée entre eux deux. La lady était sûrement une des seules jeunes femmes à supporter ses remarques misogynes, car, pour elle qui avait grandi dans une société catholique traditionnelle, tous ces propos lui semblait normaux. Une femme était faite pour écouter, servir et obéir à l’Homme.

Malgré tout, Aslinn avait certains défauts : elle aimait montrer son rang aux personnes qu’elle côtoyait. C’est pour cela, que dès qu’elle en avait l’occasion, elle portait sa parure royale, qui se transmettait de génération en génération dans sa famille. Lors de son départ de son pays natal, c’était un des seuls souvenirs qu’elle avait pu emporter avec elle. Ce comportement excessif avait tendance à énerver les gens autour d’elle mais elle ne s’en rendait pas compte et continuait donc à agir de la sorte.

Lorsqu’elle avait reçu l’invitation du docteur, elle avait immédiatement su quoi lui offrir. Il s’agissait d’un exemplaire relié en cuir de certaines de ses plus belles aventures autour du monde. Elle avait l’intuition que ce présent personnalisé le toucherait droit au cœur. Elle désirait lui offrir le plus beau des cadeaux pour le remercier d’avoir été comme un second père pour elle, depuis son départ d’Irlande.


Caractéristiques :

Nous avions comme consigne de partager 12 points de compétence en tout entre la perception, l’esprit et la force. En sachant qu’il fallait minimum 1 point par catégorie et maximum 9 points sur une jauge de 10. En plus de ces trois caractéristiques nos personnages devaient également avoir une catégorie sanité, avec 10 points en tout.

PERCEPTION ☒☒☒☒☒☒☒☐☐☐

ESPRIT ☒☒☒☒☐☐☐☐☐☐

FORCE ☒☐☐☐☐☐☐☐☐☐

SANITE ☒☒☒☒☒☒☒☒☒☒


J’espère que le personnage d’Aslinn vous aura plu. C’était amusant de pouvoir l’incarner le temps du soirée, j’aurais bien ri.

N’hésitez pas à me le dire si vous souhaitez d’autres articles de ce genre là !

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Culture·Lecture

Lecture – Nous rêvions juste de Liberté

C’est l’histoire de 4 frères de cœur, qu’une loyauté sans pareille lie à jamais. Ou presque.


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Synopsis :

« Nous avions à peine vingt ans, et nous rêvions juste de liberté. » Ce rêve, la bande d’Hugo va l’exaucer en fuyant la petite ville de Providence pour traverser le pays à moto. Ensemble, ils vont former un clan où l’indépendance et l’amitié règnent en maîtres. Ensemble ils vont, pour le meilleur et pour le pire, découvrir que la liberté se paye cher.

 

 


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Auteur : Henri Loevenbuck

Éditeur : J’ai Lu

Prix : 7,80€

 

 

 


Mon avis :

Dans ce livre, on suit l’histoire de Hugo, dit « Bohem », de Freddy, d’Alex dit « La Fouine » et d’Oscar, dit « Le Chinois ». Les 4 amis sont issus de la ville de Providence et viennent d’un milieu assez défavorisé, dans lequel, ils le savent, ils n’auront jamais aucune chance de s’en sortir. Ils décident alors de partir en moto sur  les routes du pays, à la recherche de la liberté. C’est alors que se noueront des amitiés fortes, une loyauté sans pareille, et un respect sans limite entre chacun des membres du groupe. Ils découvriront le monde des motards et apprendront la vie sur leurs bécanes.

Les protagonistes sont dépeint avec profondeur pendant tout le fil de l’histoire et on s’attache à eux malgré leurs côtés malfrats. Ils enchaîneront rencontres sur rencontre tout au long de leur route, et certaines personnes laisseront une marque indélébile sur leurs personnalités. Nous faisons face à des anti-héros, qui à première vue, auraient tout pour être insupportables et complètement immatures et inconscient. Mais on se surprend à s’attacher à eux. Ils deviennent nos amis, et je me suis surprise à leur développer, moi aussi, une certaine loyauté.

Dans ce roman, nous est montré une certaine facette de la société qui rend l’histoire encore plus réelle. On est amené à comprendre en profondeur le comportement de ces jeunes garçons et ce qui les lie grâce à un contexte socioculturel. Mais les garçons ne restent pas dans la fatalité et se battent pour améliorer leur quotidien, comme eux ils l’entendent. Ils sont à la recherche de la Liberté, avec un grand « L ». Ils la trouveront de la manière dont chacun l’entend.

L’évolution du lien qui les unie est également très intéressante. Au début ils font simplement partie de la même bande de ce qu’on pourrait appeler des « délinquants » ou des cancres. Et puis finalement ils deviennent frères de route, ils fondent un club ensemble et ils en arrivent même à partager les filles et leurs lits. Même les personnages secondaires sont suffisamment réalistes pour les rendre bien réels, bien humains.

Le thème de la liberté est très bien amené. Nous faisons face à des jeunes tout juste majeurs, qui se cherchent encore et qui transgressent les règles et les lois établies. Les grandes étendues qu’ils traversent à moto peuvent nous faire rêver et voyager. On sent le soleil sur notre peau lorsque leurs peaux crament sous ses rayons. On s’empreint de leur sueur et de leur crasse, on les accompagne tout du long, dans le meilleur comme dans leurs pires moments.

En conclusion, c’est un roman extrêmement touchant et empreint d’une réalité certaine. On s’attache aux personnages avec une grande rapidité. L’histoire est tellement bien écrite qu’elle en est émouvante. Je me suis même surprise à pleurer lors de leurs plus beaux moments. Leur amitié est, pourrait-on le penser, inébranlable et magnifique. L’essence même de l’amitié, comme tout le monde en rêve.

Je conseille à 100% la lecture de ce livre. Il est pour moi incontournable.

Voici, également, un extrait que j’ai trouvé magnifique :

« Et alors j’ai roulé, j’ai roulé tout seul, et j’étais tellement tout seul que ça a duré plus d’un an.
J’ai roulé dans le désert, j’ai roulé sur les montagnes, j’ai roulé dans le soleil et la neige, j’ai vu des terres familières et des territoires inconnus, j’ai vu des forêts et des lacs, des champs et des collines, des routes bien droites et des lacets, des pentes et des plaines, j’ai vu mille visages, mille paysages, j’ai connu les joies sublimes et le désespoir, la peur et l’espérance, j’ai connu les pannes, de fuel et de courage, j’ai connu la haine et l’amitié, la faim, le froid, la canicule, j’ai reconnu des frères, enlacé des passantes, j’ai bu dans mille bars, dormi sous mille étoiles, j’ai cru mourir mille fois et dans mes songes, toujours, il y avait notre bande, il y avait Melaine, il y avait Oscar et il y avait Freddy. […] J’ai vu des motards qui semblaient me connaître, qui disaient même qu’on parlait de moi, et alors ils avaient l’air fiers de rouler quelques heures à mes côtés, comme si j’étais un autre que je connaissais pas. Pour pas les décevoir, je leur disais que je vivais les plus belles heures de ma vie et que, non, la solitude me pesait pas, qu’elle était une douce compagne, et alors ils me regardaient partir avec des yeux jaloux.
Sur la route, j’ai revu plusieurs fois ma vie tout entière j’ai eu tout le temps, dans la longue caresse du soleil et du vent, de me poser toutes les questions, de faire le tour de moi-même et de nous tous et, dans ma solitude, j’étais si fier de nous. […] J’ai appris la paix, j’ai appris la vanité, l’éphémère, la fragilité des choses et le souffle léger de la vie, j’ai vu la brièveté de l’existence, j’ai vu le temps qui passe et qui n’est rien, j’ai ri de nos espoirs idiots, de nos combats imbéciles, et plus rien ne m’a paru aussi grand que la route elle-même. »

Chapitre 11 du Troisième Carnet : « Rhapsodie en noir », Nous rêvions juste de Liberté, Henri Loevenbruck.

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Culture·Jeu vidéo·Jeux

Jeux Vidéo – Anna’s Quest

Je viens, tout récemment, de terminer le jeu vidéo Anna’s Quest. Il s’agit d’un point’n click réalisé par les studios Daedalic Entertainment et sorti en 2015. Il est disponible sur Steam au prix de 19,99€. Mais je vous conseille tout de même d’attendre des promotions pour l’acquérir, car vous pouvez le trouver parfois jusqu’à 15€ moins cher !


Synopsis :

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Grâce à la télékinésie, son utilisation peu orthodoxe des instruments de torture, son talent d’improvisation et l’aide d’un roublard pas très net, elle trace son chemin des pics de la Montagne de verre jusqu’au fin fond d’un donjon.


Studio : Daedalic Entertainment

Prix : 19€99

Genre : Point’N Click

Sortie : 2015


Bande-annonce :


Mon avis : 

ss_81c87b18ec69b1177dca4b189e885f560a60b41e.600x338Dans ce jeu nous incarnons une petite héroïne : Anna. La fillette désire sauver son grand-père de la malédiction qui le tue à petit feu. Elle va alors faire face à des amis et des ennemis, tous, tout droit droit sortis de contes de fées : des sorcières, des magiciens, des trolls, un ours en peluche, des dragons, etc. Cette petite fille pleine de bravoure va parcourir son monde à la recherche d’un remède et donnera en même temps son aide à toutes les personnes qu’elle croisera.

Anna’s Quest a une durée d’environ 8 à 10 heures de jeu, pendant les quelles nous allons devoir avancer à la recherche d’indices et d’objets qui pourraient nous guider dans l’aventure. A l’aide du pointeur on peut interagir avec énormément d’éléments du décor, que ce soit des personnages ou même des objets. Le gameplay est facile à prendre en main, mais nous faisons tout de même face à des énigmes de plus en plus complexes au fur et à mesure de l’avancement de l’aventure. Ne vous inquiétez pas, vous ne serez jamais véritablement bloqués, il suffit d’essayer toutes les combinaisons possibles pour réussir à avancer.

Les graphismes, à l’allure de dessin-animé, sont accompagnés d’une bande son des plus agréables et bien faite. Il s’agit sûrement d’une de mes bandes sons de jeux vidéo préférée. Les musiques sont d’ailleurs fournis avec l’achat du jeu au format flac et mp3.

ss_8961efbe99fbe109e06562f77d7f1f965b1c6e99.600x338L’aventure est teintée de douceurs et de moments plus durs qui sont toujours teintés d’une petite dose d’humour qui rend l’aventure encore plus agréable. Je n’ai remarqué aucune longueur sur le jeu contrairement à beaucoup d’autres point’n click. De plus le scénario est bien écrit et on ne s’attend vraiment pas à tous les retournements de situation qu’il peut y avoir. La fin est d’ailleurs même assez surprenante.

Le jeu possède également plein de petits bonus et de petits succès à débloquer et découvrir. Les références aux autres jeux du studio sont nombreuses et on peut parfois interagir avec elles pour accéder à des petits bonus à partir du menu d’accueil du jeu. Les slots de sauvegarde sont nombreuses, et la sauvegarde automatique ainsi que volontaire sont plutôt bien pratiques. En sauvegardant régulièrement vous pourrez donc facilement retourner en arrière dans le jeu pour ne rien rater des bonus.

En résumé, c’est un grand oui pour ce jeu notamment grâce à sa bande-originale et à son scénario. Toutefois je vous conseille d’attendre d’avoir des promotions pour l’acheter.

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Culture·Lecture

Lecture – Un chat des rues nommé Bob

C’est l’histoire d’un amour sans condition entre un chat et un homme (je me permets de préciser que derrière cette phrase il n’y a aucun sous-entendu ayant une connotation sexuelle).

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Nous avons un jeune anglais, d’un côté, qui manque de repères et qui est perdu. Il joue de la musique dans la rue pour s’en sortir et loge dans un appartement vide et délabré au cinquième étage d’un immeuble londonien. De l’autre côté, nous avons un jeune chat roux, avec des magnifiques yeux verts perçants, abandonné, mourant et à la recherche d’affection. De la rencontre de ces deux personnages naît une histoire d’amitié des plus magiques.

L’homme des rues nommé James Bowen, va donner toutes ses pauvres économies pour soigner ce chat des rues, Bob.  Il lui en sera alors toujours reconnaissant et ne le quittera plus d’un pied.

C’est une magnifique histoire qui nous redonne envie de croire en l’humanité et en la bonté des êtres humains et qui nous prouve à nouveau que tous les êtres vivants ne veulent que notre bien.

13124986_871841612925647_1103393406525089577_nC’est l’amitié entre cet humain et ce chat qui les motivera à se sortir de la rue tous les deux. James a sauvé Bob de la mort alors il lui est reconnaissant à vie et lui donne une personne à se préoccuper. James devient responsable de quelqu’un et est obligé de s’en sortir, ce chat lui redonne espoir dans la vie. Tous les deux ils iront mendier dans la rue, et ce couple d’amis hors du commun fera s’arrêter les passants. Ils seront pris en photos, filmés et grâce à ces procédés médiatiques ils feront le buzz auprès des internautes. Et c’est grâce à tout ce bruit de foule virtuel qu’un éditeur entendra parler de la sublime histoire de James et Bob et leur proposera ainsi de publier leur témoignage.

Un chat des rues nommé Bob, de son titre original A street cat named Bob, est une histoire vraie et un témoignage bouleversant.

Le résumé de l’éditeur :

Réfugié dans la drogue depuis l’adolescence, James est un jeune Anglais en manque de repères. C’est sur un coup de tête qu’il décide de s’installer à Londres pour réaliser son rêve : jouer dans un groupe. Hélas, il rencontre surtout une bande de SDF et, très vite, James fait la manche dans la rue.
Un jour, il trouve un chat abandonné, en manque de soins. Il laisse toutes ses économies au vétérinaire pour le sauver. Dès lors, les deux compères ne se quittent plus. Des sorties de métro où il vend des journaux jusqu’aux quartiers dans lesquels il chante, James emmène Bob partout. Tous deux rencontrent un succès fou. Un duo irrésistible et une amitié hors du commun qui vont aider James à sortir de l’enfer.

Vous pouvez retrouver le livre aux éditions Pocket et au prix modique de 6€50 dans votre librairie. 

J’avais découvert leur histoire, il y a déjà trois ans. Ce n’est que l’an dernier, que j’ai su qu’ils avaient sorti un livre-témoignage. Et par hasard, un jour que j’étais dans une librairie et que je cherchais un livre à lire cet été je suis tombée sur celui-ci. Je l’ai acheté immédiatement et je l’ai donc lu. Je souhaitais partager avec vous cette très belle histoire.

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Ou les découvrir sur cette vidéo

« Tout le monde a besoin d’un répit, tout le monde mérite une deuxième chance. Bob et moi, on l’avait prise. »

James Bowen, A street cat named Bob, 2013.


Vous pouvez également retrouver cette émouvante histoire sous la forme d’un film réalisé par Roger Spottiswoode.

Titre original : A Street cat name Bob

Titre VF : Un chat pour la vie

Réalisateur : Roger Spottiswoode

Durée : 1h42

Année : 2016

Genre : drame, histoire vraie

Vous pouvez le regarder sur Netflix, il est disponible ici en VOST et en VF.

Bande annonce :


J’espère que cet article vous aura plu et que vous apprécierez l’histoire de James et Bob. N’hésitez pas à venir me donner votre avis.

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Cinéma·Culture

Cinéma – First they killed my father

Je viens tout juste de terminer un film intitulé D’abord, ils ont tué mon père. Et j’ai été tellement bouleversée que je ne pouvais pas m’empêcher de vous en parler.

Ce film a été réalisé par Angelina Jolie, d’après l’œuvre autobiographique de la militante cambodgienne Loung Ung, D’abord, ils ont tué mon père. Il est sorti en 2017 sur la plateforme de diffusion Netflix. Celle-ci transmet le témoignage de sa vie et de celle de sa famille sous le régime des Khmers rouges, qui a commencé en 1975 au Cambodge. Elle souhaite que cette partie de l’histoire de son pays ne soit pas oublié, et c’est par son témoignage qu’elle transmet cette mémoire historique.


Synopsis :

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Une fillette de 5 ans doit trouver le moyen de survivre quand les Kmers rouges s’arrogent le pouvoir et mettent le Cambodge à feu et à sang. Il s’agit de l’histoire de Loung Ung et de sa famille. La ville de Phnom Penh fut vidée de ses habitants en avril 1975 et cette famille fut obligée de quitter son foyer se retrouvant ainsi sur les routes du Cambodge, puis de camps de travail en camps de travail.

 

 


Bande annonce : 


Réalisatrice : Angelina Jolie

Scénario : Loung Ung et Angelina Jolie

Genre : drame historique

Durée : 2h16

Année : 2017

Diffusion : Netflix (ici)


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Mon avis : 

L’histoire de Loung Ung et de sa famille est vraiment bouleversante. De base, je ne connaissais rien de l’histoire du Cambodge et ce film m’a tellement bouleversé que j’ai envie de m’y intéresser. On suit ici l’évolution de tout ce qu’il s’est passé là bas dans les années 1970 au travers des yeux d’une fillette de 5 ans.

Tous les plans sont extrêmement bien pensés. Le film est d’une esthétique incroyable.  Les mouvement de caméra nous donnent l’impression d’être véritablement dans la peau de Loung Ung quand elle était petite fille. Nous vivons l’histoire à travers ses yeux, à travers ses silences. On sent qu’elle ne comprend pas tout, mais le film reste tout de même très dur émotionnellement. On vit les séparations comme elle a pu les vivre. Le film nous montre l’emprise que les Khmers rouges ont eu sur la population cambodgienne : une grande partie de cette population est envoyée dans des camps de travail où les conditions de vie sont très difficiles, où tout le monde travaille toute la journée, même les enfants et où les familles sont séparées au gré des décisions des dirigeants. Les enfants les plus dégourdis et débrouillards sont envoyés dans des camps spéciaux où ils sont formés à devenir des enfants soldats. Ils apprennent à maîtriser une arme à feu, des arts martiaux, à poser des mines et des pièges, etc. Peu importe leur âge, si ils sont dégourdis ils seront endoctrinés pour devenir soldats.

En bref, je pense que c’est un film à voir autant pour l’aspect historique et réel de celui-ci et autant pour son aspect esthétique. Chaque plan, chaque cadre, chaque musique et chaque dialogue est bien réfléchi pour transmettre à merveille un tas d’émotions pendant toute la durée du film.


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Un peu d’histoire :

  • Qui sont les Khmers rouges ? 

Le terme « Khmers rouges » est le surnom du mouvement communiste politique et militaire communiste radical qui a dirigé le Cambodge de 1975 à 1979. C’est un mouvement qui s’inspire du mouvement maoïste. Ce mouvement a vu le jour en 1951 et a pris fin en 1999. Le dirigeant le plus connu de ce mouvement a été Pol Pot, de son vrai nom Saloth Sâr.

  • Qui est Loung Ung ? 

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Loung Ung est une activiste et militante des droits humains qui est née au Cambodge et qui réside maintenant aux Etats-Unis. Elle a vécu sous le régime des Khmers rouges de ses 5 ans à ses 9 ans. A l’âge de 10 ans elle s’est enfuie du Cambodge. Elle est l’auteure du livre First, they killed my father, qui retranscrit le témoignage de sa vie sous le régime des Khmers rouges, et de Lucky Child, qui est la suite chronologique de son témoignage.

 

 


Cet article est à présent terminé. J’espère qu’il vous aura plus et surtout qu’il vous aura donné envie de voir ce film. N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !

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