Culture·Lecture

Lecture – Nous rêvions juste de Liberté

C’est l’histoire de 4 frères de cœur, qu’une loyauté sans pareille lie à jamais. Ou presque.


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Synopsis :

« Nous avions à peine vingt ans, et nous rêvions juste de liberté. » Ce rêve, la bande d’Hugo va l’exaucer en fuyant la petite ville de Providence pour traverser le pays à moto. Ensemble, ils vont former un clan où l’indépendance et l’amitié règnent en maîtres. Ensemble ils vont, pour le meilleur et pour le pire, découvrir que la liberté se paye cher.

 

 


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Auteur : Henri Loevenbuck

Éditeur : J’ai Lu

Prix : 7,80€

 

 

 


Mon avis :

Dans ce livre, on suit l’histoire de Hugo, dit « Bohem », de Freddy, d’Alex dit « La Fouine » et d’Oscar, dit « Le Chinois ». Les 4 amis sont issus de la ville de Providence et viennent d’un milieu assez défavorisé, dans lequel, ils le savent, ils n’auront jamais aucune chance de s’en sortir. Ils décident alors de partir en moto sur  les routes du pays, à la recherche de la liberté. C’est alors que se noueront des amitiés fortes, une loyauté sans pareille, et un respect sans limite entre chacun des membres du groupe. Ils découvriront le monde des motards et apprendront la vie sur leurs bécanes.

Les protagonistes sont dépeint avec profondeur pendant tout le fil de l’histoire et on s’attache à eux malgré leurs côtés malfrats. Ils enchaîneront rencontres sur rencontre tout au long de leur route, et certaines personnes laisseront une marque indélébile sur leurs personnalités. Nous faisons face à des anti-héros, qui à première vue, auraient tout pour être insupportables et complètement immatures et inconscient. Mais on se surprend à s’attacher à eux. Ils deviennent nos amis, et je me suis surprise à leur développer, moi aussi, une certaine loyauté.

Dans ce roman, nous est montré une certaine facette de la société qui rend l’histoire encore plus réelle. On est amené à comprendre en profondeur le comportement de ces jeunes garçons et ce qui les lie grâce à un contexte socioculturel. Mais les garçons ne restent pas dans la fatalité et se battent pour améliorer leur quotidien, comme eux ils l’entendent. Ils sont à la recherche de la Liberté, avec un grand « L ». Ils la trouveront de la manière dont chacun l’entend.

L’évolution du lien qui les unie est également très intéressante. Au début ils font simplement partie de la même bande de ce qu’on pourrait appeler des « délinquants » ou des cancres. Et puis finalement ils deviennent frères de route, ils fondent un club ensemble et ils en arrivent même à partager les filles et leurs lits. Même les personnages secondaires sont suffisamment réalistes pour les rendre bien réels, bien humains.

Le thème de la liberté est très bien amené. Nous faisons face à des jeunes tout juste majeurs, qui se cherchent encore et qui transgressent les règles et les lois établies. Les grandes étendues qu’ils traversent à moto peuvent nous faire rêver et voyager. On sent le soleil sur notre peau lorsque leurs peaux crament sous ses rayons. On s’empreint de leur sueur et de leur crasse, on les accompagne tout du long, dans le meilleur comme dans leurs pires moments.

En conclusion, c’est un roman extrêmement touchant et empreint d’une réalité certaine. On s’attache aux personnages avec une grande rapidité. L’histoire est tellement bien écrite qu’elle en est émouvante. Je me suis même surprise à pleurer lors de leurs plus beaux moments. Leur amitié est, pourrait-on le penser, inébranlable et magnifique. L’essence même de l’amitié, comme tout le monde en rêve.

Je conseille à 100% la lecture de ce livre. Il est pour moi incontournable.

Voici, également, un extrait que j’ai trouvé magnifique :

« Et alors j’ai roulé, j’ai roulé tout seul, et j’étais tellement tout seul que ça a duré plus d’un an.
J’ai roulé dans le désert, j’ai roulé sur les montagnes, j’ai roulé dans le soleil et la neige, j’ai vu des terres familières et des territoires inconnus, j’ai vu des forêts et des lacs, des champs et des collines, des routes bien droites et des lacets, des pentes et des plaines, j’ai vu mille visages, mille paysages, j’ai connu les joies sublimes et le désespoir, la peur et l’espérance, j’ai connu les pannes, de fuel et de courage, j’ai connu la haine et l’amitié, la faim, le froid, la canicule, j’ai reconnu des frères, enlacé des passantes, j’ai bu dans mille bars, dormi sous mille étoiles, j’ai cru mourir mille fois et dans mes songes, toujours, il y avait notre bande, il y avait Melaine, il y avait Oscar et il y avait Freddy. […] J’ai vu des motards qui semblaient me connaître, qui disaient même qu’on parlait de moi, et alors ils avaient l’air fiers de rouler quelques heures à mes côtés, comme si j’étais un autre que je connaissais pas. Pour pas les décevoir, je leur disais que je vivais les plus belles heures de ma vie et que, non, la solitude me pesait pas, qu’elle était une douce compagne, et alors ils me regardaient partir avec des yeux jaloux.
Sur la route, j’ai revu plusieurs fois ma vie tout entière j’ai eu tout le temps, dans la longue caresse du soleil et du vent, de me poser toutes les questions, de faire le tour de moi-même et de nous tous et, dans ma solitude, j’étais si fier de nous. […] J’ai appris la paix, j’ai appris la vanité, l’éphémère, la fragilité des choses et le souffle léger de la vie, j’ai vu la brièveté de l’existence, j’ai vu le temps qui passe et qui n’est rien, j’ai ri de nos espoirs idiots, de nos combats imbéciles, et plus rien ne m’a paru aussi grand que la route elle-même. »

Chapitre 11 du Troisième Carnet : « Rhapsodie en noir », Nous rêvions juste de Liberté, Henri Loevenbruck.

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