Voyages

Mon voyage en Tunisie – Episode 4 : On plante des arbres !

Introduction

J’ai eu l’occasion de découvrir Tunis et la campagne tunisienne pendant 5 jours et ce grâce à l’Institut de l’Engagement qui nous avait concocté un programme dense et intense mais aussi très riche culturellement parlant.
Pendant cinq jours nous avons été envahis par une énergie nouvelle, influencés par des vagues de rencontres et étonnés par nos échanges interculturels. Il y avait interculturalité au niveau de la confrontation de ma culture française et limousine, à la culture de tous les lauréats venant d’ici et d’ailleurs mais également au niveau de la découverte de la Tunisie. Et tout ce que j’en tire ce n’est que du positif.

Ce voyage était beau, ce voyage était formateur, ce voyage était éblouissant. J’avais promis à certaines personnes de raconter tout mon voyage. Mais tout raconter avec exactitude n’est pas faisable. Il m’est impossible de poser des mots vrais sur ce que l’on a pu vivre tellement c’était puissant, beau et magique. Et je sais que des expériences comme celle-ci ne courent pas les rues, c’est pour cela que j’en ai profité à fond. Pour le moment je pense avoir bien tenu la résolution que j’ai prise : celle de vivre ma vie à la vitesse de la lumière et de profiter de chaque instant qui m’est donné ou que j’ai pris. Cette expérience m’a donné conscience que je suis l’actrice principale de ma vie, ce que je veux faire je peux le réaliser par la seule force de mon imagination et de la solidarité. On m’a prouvé que mes valeurs et ce pour quoi je me bats étaient et sont justes et que je ne dois jamais lâcher le combat. Comme dirait le directeur pédagogique de l’Institut de l’Engagement, Marc Germanangue :

« Vous êtes belles et beaux. »

IDE_logo+bl_CMJN

Pour vous parler du mieux possible de mon voyage en Tunisie, je vais procéder par étapes : jour par jour. Il n’y a que comme ça que je peux réussir à être fidèle, à relater les événements comme ils ont eu lieu. De plus l’article recensant toutes les journées serait tellement long que j’ai décidé de le publier épisode par épisode. Il y aura ainsi 4 ou 5 articles.

Episode 4 : On plante des arbres !

Jour 4, 24 janvier 2018 :

Encore une fois le réveil est assez difficile. Mais aujourd’hui je me réconforte en me disant que je pourrais dormir dans le bus, parce que oui en effet nous avons 3 heures de bus jusqu’à notre destination finale : le petit village de Bir Salah. Le petit-déjeuner se déroule dans le calme, tout le monde a la tête dans le cul. J’en profite tout de même pour faire quelques réserves parce que leurs casse-croûte sont carrément maigres. Après ça je remonte dans la chambre préparer vite fait mes affaires pour aujourd’hui car nous ne rentrons pas à l’hôtel avant tard le soir. Je prévois un peu de maquillage et au moins un haut de rechange, parce que ce soir nous sommes invités à la résidence de l’ambassadeur de France en Tunisie : Olivier Poivre d’Arvor. Mais avant ça nous allons planter des arbres avec des enfants de l’école primaire de Bir Salah. Enfin c’est ce que nous croyons. C’est parti pour le long trajet. Aujourd’hui, le ciel est couvert sur Tunis, il ne fait pas très chaud. Nous nous installons dans le bus et c’est parti. Sur le chemin, nous traversons Tunis pour rejoindre l’autoroute, et je vois un homme qui promène ses quelques vaches en pleine ville. C’est quelque chose d’un peu inhabituel pour moi, l’occidentale. La route continue, nous entrons maintenant sur l’autoroute. Je suis seule dans le bus, personne ne s’est mis à côté de moi. J’en profite donc pour écouter de la musique et regarder le paysage qui s’éclaircit au fur et à mesure. De chaque côté de l’autoroute nous avons la mer et des lacs, et au loin de grandes montagnes. Le paysage est magnifique. Parfois au bord de l’autoroute on peut apercevoir des personnes marcher, promener leur troupeau de chèvres ou encore quelques poules qui divaguent ici et là. J’aurais souhaité dormir mais le paysage est si beau je ne veux rien rater. Après avoir traversé la chaîne de montagnes, le paysage redevient basique, je me décide donc à fermer les yeux. Et une demie-heure après nous faisons déjà une pause. Enfin déjà est un grand mot, nous avons roulé pendant deux heures. Il ne nous reste plus qu’une heure de route. J’ai faim je décide donc d’aller dans la station m’acheter quelque chose à grignoter en utilisant mes derniers dinars tunisiens qu’il me reste. Tout le monde a eu la même idée, l’attente est longue mais elle vaut le coup. J’ai tout juste le temps d’avaler mon croissant, que le bus doit repartir. Hop je remonte. Au départ personne ne se met à côté de moi, mais je décide enfin d’adresser la parole à une des deux filles devant. Elle décide finalement de venir s’asseoir à côté de moi. Nous discutons pendant l’heure qu’il nous reste, de tout, de rien. Elle est très gentille. Nous nous enfonçons de plus en plus dans la campagne tunisienne. Nous sommes sortis de l’autoroute et les villages que nous traversons semblent tous plus pittoresques les uns que les autres. Sur le bord de la route, des moutons égorgés tout le long de leur corps sont suspendus à des poteaux. Le sable et la terre sont partout. Nous traversons la très petite ville d’El Jem, pour aller en direction de Bir Salah. Nous apercevons le Colisée au loin, mais ce n’est pas encore l’heure de jouer les touristes.

dav
Cour de l’école primaire du village de Bir Salah.

Finalement, on arrive à l’école du petit village, les routes sont composées de terre et de poussière. J’ai l’impression d’être dans une autre époque, les bâtiments sont décrépis et les voitures sont anciennes. On nous avait prévenu, il s’agit là d’une région très pauvre.  Les enfants nous accueillent, mais le sentiment de malaise est très présent : on se sent tels des colons blancs qui apporteraient la bonne parole alors que ce n’est pas le cas. Selon moi, les enfants sont exposés exactement comme des animaux dans un zoo. Ils ont appris quelques phrases de français par cœur et nous les récitent. Les enfants à l’école primaire n’apprennent pas encore notre langue. En effet, en Tunisie, l’école primaire et élémentaire est enseignée en arabe littéraire. Ce n’est qu’à partir du collège et pour toute la suite de leurs études que les cours sont dispensés en français. Même si la majorité des adultes sont bilingues, voire trilingues, ce n’est pas le cas des enfants les plus jeunes. Finalement chaque enfant de l’école a pour mission de prendre 5 lauréats sous son aile pour aller planter un arbre ensemble. On essaie d’échanger avec la petite fille qui nous a choisi, elle a l’air adorable et a des yeux perçants magnifiques et d’un gris-bleu intense. Elle ne parle pas un mot de français, on finit par lui faire dire son prénom. La pauvre doit se sentir encore plus désabusée que nous, puisque nous sommes 5 autour d’elle. Elle nous montre l’emplacement où on doit planter l’olivier. Des personnes viennent prendre quelques photos de notre petit groupe. Et on reçoit finalement l’ordre de tous se regrouper pour prendre une photo de groupe. Malheureusement nous ne planterons pas cet arbre avec cette petite fille. Une fois que le regroupement pour la photo est fini on nous demande expressément d’aller manger. Vous comprenez on est déjà en retard et si nous en prenons trop nous donnerons une mauvaise image de notre groupe à l’ambassadeur ce soir. Pendant le repas, Sarah Toumi, ancienne lauréate de l’IDE et fondatrice de Acacias for all nous présente le programme de l’après-midi : chacun nous accompagnerons des agricultrices locales dans un champ pour y planter des amandiers, deux chacun. Ce sont des arbres qui ne nécessitent que très peu d’eau pour pousser, et en plantant nous favoriserons le développement économique de cette région assez pauvre et désertique et nous contribuerons également au mouvement de Sarah Toumi qui a pour objectif de planter 30 millions d’arbres d’ici 2030. Malheureusement nous faisons face à un imprévu, les outils qui devaient nous servir à creuser la terre sèche ont disparu. Il ne reste à notre disposition seulement deux pioches. L’après-midi promet d’être folklorique.  Après avoir fini de manger nous rangeons les arbustes dans le bus, c’est assez laborieux : les racines s’emmêlent les unes avec les autres.  Les soutes des bus sont justes assez grandes pour tous nos arbres. Nous montons tous dans les bus, et puis direction le champ pour la plantation des arbres. Il fait beau et chaud,  la région désertique est complètement dépaysante.

FB_IMG_1516873731274
File indienne pour accéder à la plantation d’arbres à Bir Salah.

Quelques minutes plus tard nous sommes arrivés, nous nous répartissons chacun nos arbres, puis en route pour le champ ! Nous sommes bien mignons, tous en file indienne avec nos arbres à la main. Ici les champs ne sont pas très verts, les plantes se bataillent avec le sol pour essayer de pousser. Les agricultrices nous indique enfin les endroits où nous devons planter nos arbres. Tout le monde se  chamaille pour avoir les deux pioches pour creuser. Les plus téméraires d’entre nous se mettent à genou dans la terre pour creuser à la main. Tant  pis pour la tenue convenable, l’ambassadeur devra faire avec. Au départ le sol est meuble, c’est plutôt facile de creuser à la main. Mais très rapidement nous faisons face à l’aridité de la terre, il devient quasi impossible de creuser du bout des doigts. Aux grands mots les grands moyens : nous empoignons des cailloux et des pierres pour creuser du mieux qu’on peut cette terre quasiment désertique. Nous prenons ça comme un jeu, celui qui réussir à planter ses deux arbres aura gagné.  La liste d’attente pour les pioches sont très longues, il est impossible d’en gagner. Finalement je fini tout de même par en récupérer une, et je fini mon premier trou en donnant de grands coups de pioches. Certains sont impressionnés par mon trou. Les gens accourent autour de moi, mais c’est seulement pour avoir le trésor : la pioche ! Celle-ci est fragile, le manche se dissocie du morceau en fer, c’est un travail laborieux de tenter de creuser. Ouf ! Je n’ai blessé personne. Je fini par passer l’objet tant convoité pour m’appeler à la plantation de mon arbre. J’enlève toute la terre meuble qui s’est accumulé au fond du trou, je vérifie que les racines rentrent bien en largeur mais également en profondeur. Je demande de l’aide pour qu’on maintienne mon arbre en attendant que je remblaie le trou. C’est bon ! Mon arbre tient debout !

27331598_338824876619028_7291392362097791461_n
Le champ qui a accueilli nos amandiers.

J’ai à peine le temps de l’arroser qu’on nous demande déjà tous de rejoindre le bus. Nous n’aurons pas le temps de planter nos deuxièmes arbres, certains même n’auront pas pu en planter un seul. Nous finissons par quitter le champ qui nous a accueilli, toujours en file indienne. On est toujours aussi mignons, sauf que cette fois plus d’arbres en main seulement de la terre plein les mains et qui recouvrent nos vêtements. Nous devons maintenant revenir à la petite ville d’El Jem, il est temps de visiter son Colisée qui fait parti des plus grands amphithéâtres du monde.

dav
Colisée de la ville d’El Jem.

Il pouvait accueillir jusqu’à 35 000 spectateurs et il mesure 148 mètres de long pour 122 mètres de large. Il est classé patrimoine mondial de l’Unesco. D’après notre guide il est un des amphithéâtre le mieux conservé au monde, on a encore la possibilité de visiter ses sous-sols, là où les gladiateurs et les fauves étaient gardés. La visite guidée est de courte durée, car nous sommes en course contre la montre. Le temps presse, nous avons 30 minutes, montre en main, pour visiter l’amphithéâtre, après quoi nous devons partir pour la réception chez l’ambassadeur. Le temps de passer aux toilettes, nous nous dépêchons dans les avenues de cet antique monument.

bty
Vue sur El Jem du haut de l’amphithéâtre.

Les marches sont raides, l’ascension est rude mais une fois que nous sommes arrivés tout en haut la vue en vaut toutes les peines du monde. Nous pouvons voir l’horizon, et observer la ville. C’est splendide. Le temps de prendre quelques photos et de mémoriser cette vue spectaculaire, il est déjà temps de partir rejoindre les bus. Encore une fois, nous n’avons eu que très peu de temps pour profiter. Cette journée passe à la vitesse de la lumière et nous sommes tous déçus de ne pas avoir pu profiter autant qu’on le voulait. La soirée chez l’ambassadeur nous semble à tous dérisoire face à ces expériences humaines indescriptibles que l’on a pu vivre. Le fossé entre ces deux mondes, la vie des écoliers et des agricultrices de Bir Salah et la vie de l’ambassadeur de France, est énorme. Nous avons entre une heure et demie et deux heures de bus avant d’arriver chez l’ambassadeur. Nous papotons, le temps passe vite. Certains d’entre nous tentent de se changer dans le bus, à la vue de tous. Je m’en fiche, après tout, nous sommes tous humains, ce n’est pas un morceau de peau qui va en choquer plus d’un, après tous ces moments de partage et de complicité. Nous assistons également à des « tutos » comment bien se maquiller dans un bus en mouvement. C’est assez fastidieux, mais qu’est ce que nous rigolons. L’ambiance dans ce bus est assez extraordinaire. Contre toute attente nous nous arrêtons finalement sur une aire d’autoroute, les plus pudique en profitent pour se changer et s’apprêter là bas. Moi j’en profite pour prendre l’air. Le soleil est en train de se coucher, les oiseaux se disputent pour trouver une place pour dormir dans les palmiers. Le cadre est assez extraordinaire. Je n’aurais jamais cru me trouver là un jour. Il est maintenant temps de retourner dans les bus, et cette fois, on roule sans arrêt jusqu’à la résidence de l’ambassade de France. Une demie heure plus tard nous sommes arrivés à destination. La résidence vue de l’extérieur ne paye pas de mine. Nous devons passer des contrôles, fouille de sac et portique électronique. Après un détour par cette petite entrée nous arrivons dans une cour, ou plutôt un couloir extérieur. Nous le suivons. La nuit est maintenant toute autour de nous. Quelques lampadaires sont là pour éclairer notre chemin. Je ne suis pas la plus à l’aise. Je viens d’un milieu populaire et plutôt rustre, je n’ai donc encore jamais assisté à une soirée mondaine et je suis dans mes petits souliers. Qu’est ce que je fais là ? Je ne suis vraiment pas à ma place. Je lance quelques blagues à mes compagnons de route pour essayer de briser ce malaise. Nous arrivons finalement dans une immense cour plutôt grandiose. Finalement quelques employés nous guide et nous montre où nous devons nous rendre. Nous arrivons dans un magnifique patio. Je n’ai jamais vu une maison aussi spacieuse et belle.  Je me sens  toujours aussi peu à l’aise. Et je suis tellement abasourdie par le décor que je lance un « c’est une putain de baraque de malade! ». Une femme se retourne, me jauge avec dédain, puis s’éloigne finalement avec un sourire au coin des lèvres. Je ne suis vraiment pas dans mon élément. J’arrive ici comme un éléphant dans une boutique de porcelaine. Je me sens bête. Je n’ai ni le vocabulaire adapté, ni la prestance pour ce genre de soirées. Après être restés quelques instants dans le patio, on nous demande de rentrer. Nous montons de grands escaliers, et en haut nous attendent l’ambassadeur Olivier Poivre D’Arvor (oui oui le frère du fameux PPDA) et sa femme. Nous passons devant eux et les saluons d’une poignée de main. Ça confirme tout ce que je savais déjà : ce n’est vraiment pas mon truc les mondanités. Après ça nous avançons de salles en salles. Il y a du monde, et surtout beaucoup de beau monde ! Les salles sont toutes plus grandioses les unes que les autres, j’ai l’impression d’être dans un palais. On se marche sur les pieds des uns des autres, ce n’est franchement pas agréable. Des serveurs sont là à nous proposer des boissons. Je prends une citronnade. Je n’ai jamais bu une aussi bonne citronnade. Elle est vraiment excellente. On entends, par un bruit de couloir, que l’ambassadeur est en train de faire un discours. De là où on est on entend rien, et on n’a pas la possibilité de se rediriger vers lui pour assister à son discours. Tant pis ! Tous les employés sont habillés comme des pingouins, je n’ai jamais assisté à un buffet où des gens étaient payés pour servir les gens. Le fric qui a dû être déboursé pour cette réception est improbable. Avec mes compagnons on se pose dans un petit coin. Aucun de nous ne semble très à l’aise. On ne se rend pas compte qu’on est juste à côté des portes de la cuisine. On gêne le passage. Nous n’avons vraiment aucune idée d’où nous mettre. Des petits fours sont amenés. Mais il y en a très peu par rapport au monde qu’on est. Le temps de voir où sont posés les plateaux et le temps de se diriger vers cet endroit il n’y a déjà plus rien dedans. Nous sommes tous affamés après la journée qu’on vient tous de passer. La soirée passe lentement, je m’ennuie sévèrement. Finalement, après quelques heures, un serveur apporte finalement un plateau de petits fours juste à côté de notre emplacement. Nous avons tellement faim que nous nous ruons dessus. Ce après quoi nous décidons de nous échapper d’ici. C’est vraiment pas notre monde et on se sent à dix mille lieues d’ici.

bmd
Les jardins de la résidence de l’ambassadeur de France.

On décide de visiter les jardins, parce que d’après ce qu’on nous a dit, ils sont encore plus beaux que tout le reste. Nous nous dirigeons donc dehors avec quelques uns d’entre nous. On en perd en route, on ne sait trop comment. Et on se retrouve finalement dehors. Oui ! Enfin ! De l’air, je respire. La nuit est vraiment installée, l’air n’est pas trop frais. Il fait doux mais c’est agréable. Les jardins, autant que l’intérieur de la résidence montre à quel point cet homme est riche et puissant. Des colonnes, du marbre, des fontaines et des statues un peu partout. J’ai l’impression d’être dans une maison que j’aurais créé dan Les Sims pendant mon adolescence. Nous déambulons dans ces espaces luxueux. Nous profitons de l’air frais et de l’isolement que nous procure la nuit. Je suis seule avec une de mes compagnes. Nous rigolons, nous nous amusons. Nous sommes enfin dans notre élément ! A force de déambuler dans ces jardins nous arrivons à l’enclos de deux petites chèvres. Qui aurait cru que l’ambassadeur possède des chèvres  ? Nous essayons de nous en approcher, mais elles nous ignorent totalement. Après de longues déambulations nocturnes dans ces jardins nous rejoignons un groupe de personne qui discute devant la résidence. Nous sommes nombreux à avoir eu la même idée : sortir pour s’éloigner de toutes ces mondanités complètement inutiles. Le contraste est grand entre l’après-midi très engagée que nous avons passé et cette image de jeunesse docile que nous devons reflété. Nous sommes très mal à l’aise et nous avons l’impression qu’on ne sert simplement que de vitrine aux institutions françaises en mode « hé regardez ! La jeunesse n’est pas une jeunesse délinquante mais ils sont tout aussi dociles que des moutons, nous pouvons en faire ce que nous voulons. ». Au fur et à mesure des discussions l’atmosphère se détend. Finalement, c’est vrai que la résidence est merveilleuse. Elle serait idéale pour le cadre d’un mariage idyllique. Nous surprenons nos esprits à partir ensemble dans des rêvasseries de princes et princesses. Comment nous verrions notre mariage ici ? Toutes ces discussions contribue à renforcer toute cette complicité qu’on a pu créer jusqu’ici en passant chaque instant de ce voyage en communauté. Les responsables de l’IDE finissent par nous rejoindre et font passer le message : on est tous affamés et ils proposent donc que nous allions prendre un vrai repas dans un petit restaurant. Il est déjà minuit passé, il va falloir qu’on trouve un endroit qui sera encore ok de nous accueillir. Pour 150 bouches ça ne devrait être plutôt compliqué. Il est l’heure de partir, enfin ! Nous remontons tous dans les bus, et nous prenons la direction du restaurant qui doit nous accueillir. Nous arrivons à une petite bicoque perdue en pleine cambrousse. Nous allons manger des grillades. Il fait froid maintenant. Je n’ai pas prévu de manteau et le froid saisissant du milieu de la nuit se fait vraiment ressentir. Nous sommes tous exténués. Les responsables proposent alors qu’un bus va être délégué pour ramener à l’hôtel ceux qui veulent rentrer et qui ne veulent pas manger. Il y a au moins 50 personnes trop fatiguées pour rester. Personnellement, je préfère rester et profiter plus par peur de louper un moment bien sympathique que par faim. Nous sommes installés en terrasse, les propriétaires de cette bicoque allument un immense barbecue : au menue ce sera grillades et  frites. Il y a un grand nombre de chats errants qui tournent autour de nous. Nous nous installons à une petite table de 4. Je suis en présence de mes amis. Nous rigolons bien. C’est un moment fort, rempli de complicité. Nous chantons notre hymne, nous nous lançons un défi pour sceller ce séjour : demain soir, pour la dernière soirée nous piquerons une tête dans la piscine ! Pari tenu, nous checkons pour sceller le deal. Peu importe si nous n’arrivons pas à négocier la piscine intérieure, nous irons plonger dans la piscine extérieure de l’hôtel, même si, ici aussi, nous sommes en hiver. L’attente est longue avant que le repas nous soit servi. Mais nous restons patients et malgré la fatigue nous restons optimistes et de bonne humeur. Le repas passe, nous mangeons avidement tout le contenu de nos assiettes. Pardon de notre assiette. Nous n’en avons qu’une et nous mangeons avec les doigts dans le plat. Quelle notion du partage ! La viande est grasse, nous en avons partout. Mais nous sommes heureux et nous avons le sourire aux lèvres. Une fois le repas terminé nous repartons enfin vers l’hôtel. Cette journée riche en émotions et en désillusion nous a épuisé. Tout le monde dans le bus est très calme. C’est plutôt étonnant pour notre bus qui est toujours en ébullition. Un de mes compagnons, talentueux dans le domaine littéraire, décide de nous conter une histoire. Il est au milieu de deux d’entre nous. Il commence son histoire, je suis absorbée par le ton de sa voix, et je suis envoûtée par l’histoire et son regard qui soutien le mien. Il est doué, très doué. Je me suis laissée prendre au jeu et je profite de ce moment calme. Je suis presque déçue, quand l’histoire se termine, que ce soit déjà fini. Quelques applaudissements, et nous passons le reste du trajet dans le plus grand des calmes. Après de longues et nombreuses minutes nous arrivons enfin à l’hôtel. Il est tard, très tard. Il doit être déjà deux heures du matin. La journée a été très longue et exténuante. Il est temps de rejoindre Morphée pour espérer avoir un peu de repos avant la journée de demain. Nous sommes plutôt silencieux pour une fois, le sommeil nous gagne. Demain sera un tout nouveau jour, mais également notre dernier jour pour profiter des uns des autres, de l’univers et de l’ambiance. Bientôt le voyage se termine après toutes ces riches expériences.

Le quatrième jour de ce merveilleux voyage se termine ainsi. Cet article aura sûrement été le plus long, mais également le plus humain, à écrire. J’espère qu’il vous aura plu !

Cette série d’articles s’arrêtent ici, parce que je n’ai pas beaucoup de choses à vous raconter sur le dernier jour. Et de ce qu’il y aurait à raconter, je préfère le garder pour moi. Toute cette dernière journée a été encore plus riche que les autres au niveau émotionnel, et ces souvenirs sont précieux. Je préfère les garder près de mon cœur plutôt que de les retranscrire par écrit.

Vous pouvez retrouver les autre articles ici :
Episode 1 : Arrivée à l’hôtel
Episode 2 : Carthage et danse
Episode 3 : Bardo, Médina et Institut Français

Sans titre 8

Publicités

3 commentaires sur “Mon voyage en Tunisie – Episode 4 : On plante des arbres !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s