Voyages

Mon voyage en Tunisie – Episode 3 : Bardo, Médina et Institut Français

Introduction

J’ai eu l’occasion de découvrir Tunis et la campagne tunisienne pendant 5 jours et ce grâce à l’Institut de l’Engagement qui nous avait concocté un programme dense et intense mais aussi très riche culturellement parlant.
Pendant cinq jours nous avons été envahis par une énergie nouvelle, influencés par des vagues de rencontres et étonnés par nos échanges interculturels. Il y avait interculturalité au niveau de la confrontation de ma culture française et limousine, à la culture de tous les lauréats venant d’ici et d’ailleurs mais également au niveau de la découverte de la Tunisie. Et tout ce que j’en tire ce n’est que du positif.

Ce voyage était beau, ce voyage était formateur, ce voyage était éblouissant. J’avais promis à certaines personnes de raconter tout mon voyage. Mais tout raconter avec exactitude n’est pas faisable. Il m’est impossible de poser des mots vrais sur ce que l’on a pu vivre tellement c’était puissant, beau et magique. Et je sais que des expériences comme celle-ci ne courent pas les rues, c’est pour cela que j’en ai profité à fond. Pour le moment je pense avoir bien tenu la résolution que j’ai prise : celle de vivre ma vie à la vitesse de la lumière et de profiter de chaque instant qui m’est donné ou que j’ai pris. Cette expérience m’a donné conscience que je suis l’actrice principale de ma vie, ce que je veux faire je peux le réaliser par la seule force de mon imagination et de la solidarité. On m’a prouvé que mes valeurs et ce pour quoi je me bats étaient et sont justes et que je ne dois jamais lâcher le combat. Comme dirait le directeur pédagogique de l’Institut de l’Engagement, Marc Germanangue :

« Vous êtes belles et beaux. »

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Pour vous parler du mieux possible de mon voyage en Tunisie, je vais procéder par étapes : jour par jour. Il n’y a que comme ça que je peux réussir à être fidèle, à relater les événements comme ils ont eu lieu. De plus l’article recensant toutes les journées serait tellement long que j’ai décidé de le publier épisode par épisode. Il y aura ainsi 4 ou 5 articles.

Episode 3 : Bardo, Médina et Institut Français

Jour 3, 23 janvier 2018 :

Ce matin j’ai la flemme et je suis fatiguée. Avec mes coloc’ de chambre nous décidons de sécher le réveil sportif. On élabore tout un plan pour échapper discrètement aux yeux des responsables. De toute manière, nous sommes tellement nombreux que c’est très facile de s’échapper. Je crois que nous ne sommes pas les seuls à avoir eu la même idée, au petit-déjeuner c’est un sujet récurrent : tout le monde est fatigué et a la flemme d’effectuer le réveil sportif. Malgré tout, certains sont plus courageux que d’autres et iront. Ce matin, on reste à l’hôtel. Des ateliers ont été organisé par différents intervenants de l’institut. J’ai choisi l’atelier sur les métiers de la culture, qui est dispensée par ma chargée d’accompagnement. Je me suis dis que vu que je désire travailler à l’organisation d’événements culturels ce serait plutôt judicieux de pouvoir découvrir un éventail d’autres profils dans ce domaine. On est une bonne quinzaine à participer à l’atelier. Blandine nous fait une large présentation de ce qu’on appelle la culture mais également des métiers liés à la culture. Sans aucune surprise, ils sont si nombreux que c’est impossible d’en dresser une liste. On décide tous ensemble de partager alors nos expériences autour de différents thèmes : événementiel, médiation, création, etc. C’est peut-être la façon la plus judicieuse de présenter cet atelier. Nous échangeons tous alors les uns, les autres sur nos projets, notre volonté de découvrir et de progresser. Une problématique revient souvent sur le tapis : c’est difficile de trouver un job dans ce milieu. Mais pas impossible. Il est 10h30, les ateliers se finissent peu à peu. On doit maintenant partir pour aller visiter le Musée Bardo entre onze heures et quatorze heures. C’est le fameux musée où a eu lieu un attentat il y a de cela quelques années.

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Les lauréat.e.s regardant la mosaïque d’hommage aux victimes de l’attentat.

Nous arrivons sur l’esplanade du musée, notre guide nous fait approcher de l’entrée et nous amène à une mosaïque juste à côté de celle-ci. Elle représente toutes les victimes de l’attentat, quelque soit leur nationalité, et a pour volonté de leur rendre hommage. Pour être honnête, ça ne m’intéresse pas tellement de savoir qui est mort. Et en plus de cela je ne trouve pas la mosaïque si belle ou grandiose que cela. Je préfère donc rester de côté, et encore une fois, de profiter du soleil. Le guide nous parle un peu de cette mosaïque, puis il nous laisse patienter dehors. C’est enfin au tour de notre groupe de rentrer. Nous passons les portails de sécurité sans encombre malgré nos badges qui font sonner la machine. Les agents de sécurité nous laisse tout de même pénétrer dans le bâtiment. Il est moderne, il est haut de plafond, et devant nous se dresse une immense mosaïque, représentant, il me semble, le dieu Hélios sur son char, mais je n’en suis plus très certaine. Les explications ne m’intéressent pas vraiment, je n’arrive pas à être attentive, donc je ne pourrais pas vous dire ce qu’il en est de cette mosaïque, d’où elle vient, quand elle a été réalisé. Pour moi c’est très flou. On finit par avancer dans le musée. On passe tout d’abord sous des voûtes. On passe donc soudainement d’une architecture moderne, à quelque chose de très ancien. Le contraste est frappant. Le chemin par lequel on passe nous fait marcher sur des mosaïques qui sont d’après les dire du guide, celles de l’époque romaine (mais j’imagine que ce sont des copies).

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Détails d’une pièce du Musée Bardo.

Plus on avance dans le musée plus je suis subjuguée par toutes ces beautés architecturales, ces mosaïques. J’ai l’impression d’être dans un rêve, j’ai envie de tout prendre en photo. Les plafonds, les murs, les détails, tout est si beau. Je m’inspire profondément de tous ces motifs. Ils me rappellent le film Azur et Asmar, je ne sais pas pourquoi. Je m’approche pour mieux voir certains motifs, je prends de la distance pour avoir une vision d’ensemble. En bref, j’essaie de m’imprégner de chaque tonalité de couleur, de chaque volume, de chaque détails, pour qu’ils soient gravés dans mon esprit et ma mémoire. On reste pas loin de deux heures dans ce musée, puis il est l’heure de sortir pour aller déjeuner. Au menu : casse-croûte au soleil sur l’esplanade du musée. L’hôtel a tout prévu : des repas pour les végétariens et des repas sans obligations. Le menu est léger : petit sandwich, petit fruit, canette de soda. C’est peu. On reste sur notre faim. Théo a lancé la question du jour : quel animal voudrais-tu être ? C’est une bonne façon d’apprendre à connaître les gens selon moi. Des animaux basiques sortent, mais on en entend des plus farfelus : tortue, chameau, raie-manta, etc. C’est un beau moment de complicité. J’écoute avec attention les explications de chacun. Personnellement je souhaiterais être un éléphant, tout d’abord parce que c’est mon animal préféré, mais aussi parce que c’est un animal très solidaire les uns avec les autres, qui a une notion de la famille et du groupe très fort. Et c’est également un animal qui a beaucoup de mémoire et qui a une grande puissance. Et vous ? Théo a de grandes connaissances du monde animal, je ne l’aurais pas parié. Il m’impressionne, il en sait un rayon sur la vie animale. Après avoir mangé, c’est l’heure de partir pour le centre de la ville.

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Ruelle principale de la Médina.

Nous allons visiter la Médina de Tunis, qui est le centre-ville historique, là où se regroupent les souks. C’est un entremêlement de petites ruelles où s’entassent des petites boutiques. Le guide nous dit qu’il va falloir marchander si on souhaite acheter quelque chose ici, c’est la base. Si on ne marchande pas on se fera avoir. Il nous dit que sur certains articles on peut réussir à faire baisser le prix de 30 ou 40 dinars tunisiens, ce qui revient à plus de 10€. Le guide nous amène dans une petite boutique de parfums. Le marchand nous fait sentir ses huiles. Tout sent tellement bon, j’ai envie de tout acheter. Les huiles essentielles de cactus et de jasmin embaument mon cœur. Mais je finis par craquer pour une huile appelée « Nuit de Carthage ». Si j’avais eu plus d’argent j’en aurais pris plus. Le vendeur nous explique qu’avec une petite fiole on peut faire jusqu’à un demi litre de parfum en mélangeant celle-ci avec de l’eau. On se dirige maintenant vers la ruelle principale, le guide nous demande de rester dans celle-ci pour ne pas qu’on se perde. Il nous lâche maintenant pour qu’on ait du temps libre. A nous les souks. On part en petits groupes. Je me suis collée à une fille qui sait marchander. Nous marchons tranquillement, sans nous presser. Nous regardons tous les étals. Il y a de si jolis objets. Les marchands ne cessent de nous alpaguer. Je jette mon dévolu sur un porte-feuille en cuir de la même couleur de mon sac. C’est parti pour marchander. Le vendeur me dit qu’il est à 25 dinars tunisiens (pour savoir le prix en euros, il faut que vous divisiez approximativement par trois). Je lui lance un « 10 dinars » sans le lâcher des yeux. Dans ma tête je me dis que j’ai sûrement trop baissé le prix, que ce n’est pas juste et que je ne suis pas là pour les arnaquer. Donc il me répond « je vous le baisse à 20 dinars ». Ayant peur qu’il me demande de partir parce que je demande un prix trop bas j’augmente ce que j’ai dis, « 15 dinars je lance ». Cette fois ce sera le prix final, je n’en démordrais pas. Il me répond « 18 dinars ». Je ne lâche rien et j’insiste à nouveau sur le prix que j’ai donné. Il baisse le prix un dinar, par un dinar, pour finalement arriver au prix que j’ai indiqué. Je remporte l’affaire. Un porte-feuille en cuir pour seulement 15 dinars (ce qui correspond à environ 5 euros). Je suis contente et fière de moi, je ne m’en serais jamais crue capable. Je repars donc avec un porte-feuille en cuir et une haute estime de moi. Merci monsieur le marchand !

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Une boutique haute en couleurs, à la sortie de la Médina.

On continue notre route on s’arrête dans toutes sortes de boutiques : mosaïques, objets de décorations artisanales, etc. Tout le monde y trouve son compte. Il est maintenant temps de rejoindre le groupe à l’autre bout de la rue, sur une petite place. Et ensuite, on prendra la direction de l’Institut Français. Il manque des lauréat.e.s à l’appel. On doit attendre que tout le monde arrive avant de partir. Au bout de 20 minutes d’attente, toutes les personnes de notre groupe sont arrivées. On commence à marcher dans la capitale, direction l’Institut Français, pour une après-midi de conférences et d’ateliers. Au programme, on rencontrera Ahmed Galaï, le prix Nobel de la paix de 2015, qui nous parlera sur le thème de « les dessous de la Révolution des Libertés et de la Dignité en Tunisie ». On aura aussi une table ronde en présence d’entrepreneurs tunisiens et français pour parler de leur regard sur la Tunisie après la Révolution du Jasmin. Cette après-midi, je rencontrerais également ma chargée d’accompagnement pour un premier rendez-vous avec elle. Sur le chemin je discute avec de nouvelles personnes, je découvre de nouveaux projets. Arrivés à l’Institut Français, on nous indique le chemin d’une salle de conférence. Nous nous installons confortablement, et la conférence commence.

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Ahmed Galaï, prix Nobel de la paix de 2015.

On nous présente le fameux prix Nobel de la paix de 2015. Il a une bonne tête, avec sa coiffure ébouriffée et sa moustache je trouve qu’il a des aires d’Albert Einstein. Il commence, ce monsieur est très intéressant. Malgré ça je commence à piquer du nez, et je ne suis pas la seule. Nous avons accumulé beaucoup de fatigue, et se retrouver dans des sièges plutôt confortables quasiment dans le noir, c’est une atmosphère favorable au sommeil. Je lutte très très fort je n’ai pas envie de rater quelque chose. Pour essayer de me retenir éveillée je prends des notes, mais de temps à autre mon stylo part en roue libre. A côté de moi j’entends quelques ronflements. Il nous explique la naissance de la révolution tunisienne, le contexte, l’avant, l’après et aussi pourquoi on ne doit pas l’appeler la Révolution du Jasmin (derrière ce terme il y a une volonté de re-dynamiser le tourisme en donnant une dimension esthétique à cette révolution par l’odeur du jasmin). La conférence est vraiment riche, j’essaie de noter le maximum de choses intéressantes tout en essayant de rester attentive. Voilà venu le moment des questions, les lauréat.e.s sont nombreux à questionner le vieux monsieur. On déborde même du temps attribué à la conférence. Finalement, Monsieur Galaï a des obligations ailleurs, il est obligé de nous quitter. Ce fut tout de même une rencontre fort enrichissante et je regrette pas d’avoir lutter contre le sommeil. Après la fatigue, voilà la faim qui se fait sentir. A dire vrai, le casse-croûte de ce midi n’a pas suffit à nous remplir l’estomac jusqu’à l’heure du dîner. Nous profitons des 40 minutes de pause pour aller chercher une petite boutique où ils vendent des spécialités tunisiennes à manger. Nous marchons 20 minutes sans rien trouver, mis à part une sorte de fast food au nom typiquement français « Baguette & Baguette ». Nous entrons, dépités de n’avoir trouvé rien d’autre. Nous commandons, tout est si peu cher. On peut avoir un menu pour 3 dinars tunisiens, c’est tellement rien du tout. Finalement je commande des frites et des nuggets et je paie à manger à une lauréate du nom d’Oria. La préparation de la commande est longue, il nous reste 5 minutes pour rentrer à l’Institut, on nous a spécifié de ne surtout pas être en retard. Nous mangeons donc nos mets sur le chemin. La table ronde avec les entrepreneurs commencent, le sujet m’intéresse beaucoup moins et là je n’arrive pas à ne pas piquer du nez. Je finis par m’endormir sur mon siège. Au moment où je me réveille il est finalement l’heure de mon rendez-vous avec ma chargée d’accompagnement. Après une longue discussion il en est sortie que je dois me former à Photoshop et InDesign pour améliorer mon CV et le rendre plus attractif. C’est maintenant l’heure du dîner, vu qu’il fait froid dehors on décide de manger dans la salle de conférence : mauvaise idée. Au bout d’une vingtaine de minutes on vient nous dire qu’il faut qu’on parte parce qu’on risque de salir la salle et que la semaine prochaine notre cher président vient leur rendre visite. Vous comprenez on peut pas la nettoyer avant sa venue, donc si il y a une ou deux miettes sur le sol c’est très grave. On a finalement fini de manger dans les couloirs du bâtiment.

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Mariam Al Ferjani, actrice principale du film La Belle et la Meute, et le directeur de l’Institut Français de Tunis.

Et on a terminé la soirée encore enfermés dans la salle de conférence. Mais cette fois c’était pour la projection d’un film : La Belle et la Meute réalisé par Kaouther Ben Hania. L’actrice principale, Mariam Al Ferjani est venue nous faire la présentation du film avant qu’on lance la projection. C’est, donc, l’histoire (tirée d’une histoire vraie) d’une jeune tunisienne qui se fait violer par des policiers tunisiens. Le film nous montre tout son combat pour faire reconnaître son viol. Il est vraiment très bien fait et retranscrit à la perfection les émotions que peut ressentir la jeune fille. Malgré tout, je n’ai pas vraiment, mais je sais reconnaître que c’est un film brillamment réalisé. J’écrirais peut-être un article plus complet sur ce sujet. De plus, l’actrice n’a pas pu rester jusqu’à la fin de la séance, et toutes les questions que nous avons eu à propos du film sont restées en suspend, sans explications. Tout ceci, a engendré en nous, une frustration assez intense. Ce n’est pas humain de nous laisser sans réponses après un film d’une telle envergure. Nous nous sommes donc retrouvés dans le bus sans les réponses qu’on attendait. Certains ont tenté d’amorcer des conversations mais il nous manquait des éléments. Le chauffeur a finalement décidé de mettre la musique à fond et certains d’entre nous se sont levés pour danser. L’ambiance était folle tout le long du trajet. Quand nous sommes arrivés à l’hôtel, nous sommes montés assez rapidement dans nos chambre, la journée ayant été très fatigante. Les plus courageux d’entre nous ont été testé la boite de nuit de l’hôtel reléguant leur fatigue au second plan. Et une fois encore, il était une heure du matin lorsque nous avons rejoint nos lits.

Le troisième jour du voyage s’est fini ainsi. J’espère que l’article vous aura plu. On se retrouve au prochain épisode !

Vous pouvez retrouver les autre articles ici :
Episode 1 : Arrivée à l’hôtel
Episode 2 : Carthage et danse
Episode 4 : On plante des arbres !

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3 commentaires sur “Mon voyage en Tunisie – Episode 3 : Bardo, Médina et Institut Français

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