Voyages

Mon voyage en Tunisie – Episode 2 : Carthage et danse

Introduction

J’ai eu l’occasion de découvrir Tunis et la campagne tunisienne pendant 5 jours et ce grâce à l’Institut de l’Engagement qui nous avait concocté un programme dense et intense mais aussi très riche culturellement parlant.
Pendant cinq jours nous avons été envahis par une énergie nouvelle, influencés par des vagues de rencontres et étonnés par nos échanges interculturels. Il y avait interculturalité au niveau de la confrontation de ma culture française et limousine, à la culture de tous les lauréats venant d’ici et d’ailleurs mais également au niveau de la découverte de la Tunisie. Et tout ce que j’en tire ce n’est que du positif.

Ce voyage était beau, ce voyage était formateur, ce voyage était éblouissant. J’avais promis à certaines personnes de raconter tout mon voyage. Mais tout raconter avec exactitude n’est pas faisable. Il m’est impossible de poser des mots vrais sur ce que l’on a pu vivre tellement c’était puissant, beau et magique. Et je sais que des expériences comme celle-ci ne courent pas les rues, c’est pour cela que j’en ai profité à fond. Pour le moment je pense avoir bien tenu la résolution que j’ai prise : celle de vivre ma vie à la vitesse de la lumière et de profiter de chaque instant qui m’est donné ou que j’ai pris. Cette expérience m’a donné conscience que je suis l’actrice principale de ma vie, ce que je veux faire je peux le réaliser par la seule force de mon imagination et de la solidarité. On m’a prouvé que mes valeurs et ce pour quoi je me bats étaient et sont justes et que je ne dois jamais lâcher le combat. Comme dirait le directeur pédagogique de l’Institut de l’Engagement, Marc Germanangue :

« Vous êtes belles et beaux. »

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Pour vous parler du mieux possible de mon voyage en Tunisie, je vais procéder par étapes : jour par jour. Il n’y a que comme ça que je peux réussir à être fidèle, à relater les événements comme ils ont eu lieu.  De plus l’article recensant toutes les journées serait tellement long que j’ai décidé de le publier épisode par épisode. Il y aura ainsi 4 ou 5 articles.

Episode 2 : Carthage et danse

Jour 2, 22 janvier 2018 :

Il est 6h30, après une courte nuit je suis déjà réveillée. Dehors il fait beau, mais il y a toujours beaucoup de vent. Je sors sur le balcon pour essayer de profiter de la vue. Dommage, la mer est cachée par un tas d’arbre devant moi, on l’aperçoit au loin sur quelques centimètres. Tant pis pour la vue, on aura pas la plus belle. Il fait jour depuis longtemps, ici, à cette période le soleil se lève très tôt mais se couche également très tôt. Je profite de la douceur du vent sur mon visage, j’ai l’impression que je vais m’envoler. Je réalise enfin que pour la première fois de ma vie je suis sur un autre continent. J’ai l’impression de revivre. Je suis heureuse et épanouie, l’air est doux, les rayons du soleil bercent tendrement ma peau. Je profite de cet instant et j’essaie de le graver dans ma mémoire parce que je sais que ce sont des instants rares et précieux. Je vais me préparer, je suis la première prête, mes colocataires sont encore en train d’émerger. Je les laisse tranquillement et je sors de la chambre pour aller prendre mon petit-déjeuner. C’est  un buffet à volonté, on se croit vraiment en vacances, qui plus est, au soleil. Je m’incruste à la table de mes amis de la veille. Je les avais prévenus que je peux être ronchon le matin, mais ce n’est pas le cas. Je suis, certes, fatiguée, mais de bonne humeur. Je discute avec mes camarades. La journée commence si bien. Après le petit-déjeuner, on a tous vu qu’on nous réservait un fameux « réveil sportif ». On a tous peur de ce que ça peut être. On nous demande de tous se réunir autour de la piscine, je m’attends à un bizutage. Au lieu de ça on nous demande de taper dans nos mains, sur nos cuisses, sous nos jambes et tout ça en rythme. Après cet échauffement en douceur, on rejoint les bus : on doit en choisir un et le garder jusqu’à la fin de semaine. Je vois que la majorité de mes camarades de bus se dirigent vers le bus n°2, je décide d’aller avec eux. Et j’ai bien fait. Tout le monde monte dans son bus, en tout on en avait 4 rien que pour nous. Et on part, direction les ruines de Carthage. Ça fait rêver, j’ai toujours entendu parler de cette ville dans mes cours d’histoire sans avoir jamais eu l’occasion de visiter ce célèbre lieu. Il est temps! Le guide qui est monté avec nous pousse la chansonnette : il interprète « Belle » de la comédie musicale Notre Dame de Paris, on enchaîne avec lui. Et tout le monde applaudit. Parce qu’applaudir c’est notre truc, on applaudit à tout va, pour tout, mais aussi pour rien. Le guide nous présente ensuite les ruines, celles qu’on ne peut pas visiter mais qu’on peut voir par les fenêtres du bus. Il nous montre également une grande mosquée qui se trouve sur notre chemin. Tout est tellement si beau : le soleil fait resplendir les paysages mais aussi les architectures. J’ai l’impression d’être dans un rêve. Nous nous arrêtons enfin et allons rentrer dans le site officiel des ruines de Carthage. Il fait bon, le soleil qui effleure ma peau me fait du bien.

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Le tracé d’une vieille route romaine dans Carthage.

On rentre dans la vieille Carthage. Au départ il ne reste quasiment plus rien des vestiges, sauf le tracé des routes romaines : elles sont toutes bien parallèles et perpendiculaires formant ainsi des carrés ou des rectangles laissant place à feu la vie antique. La végétation a repris ses droits sur les ruines, tout est si vert et si coloré. On se croirait dans notre printemps français. Sauf que là, c’est l’hiver tunisien. Les palmiers me ramènent sur Terre, je ne suis plus en France mais bel et bien de l’autre côté de la mer méditerranée : en Tunisie! Le guide nous parle de l’histoire de la ville, qui en sont les créateurs, les envahisseurs et les destructeurs. C’est intéressant mais mon esprit s’échappe et rêvasse. Je m’amuse à imaginer comment la vie a pu être ici, je veux connaître la vie quotidienne de toutes ces personnes maintenant disparues. Nous avançons tranquillement sur ces anciennes routes pavées.

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Des mandarines sur leur arbre.

Sur notre chemin on rencontre un bon nombre de palmiers, d’orangers et de plantes qui ne font pas partie de mon quotidien de française. Tout est si beau, si débordant de soleil. C’est la toute première fois de ma vie que je vois des oranges sur un arbre. Je me sens idiote de penser ça, mais c’est la vérité. Les oranges, moi, je les achète dans des cageots en grande surface. La visite continue, le guide nous explique toujours ce qui s’est passé dans cette ville, en gros, parce qu’il n’a pas le temps de tout nous dire, il y a tellement d’événements qui se sont déroulés. C’est l’heure de notre temps libre dans les ruines maintenant. Le guide nous prévient « surtout ne prenez pas de photos en direction du palais présidentiel, les gardes peuvent tirer à vue ». Car oui, ce palais est situé à proximité des ruines. L’information, malgré son importance, rentre par une oreille et ressort par l’autre. Nous n’avons guère prêté attention à si le palais présidentiel allait apparaître sur nos photos souvenirs ou pas.

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Les deux grandes tours des thermes d’Anthonin qui font face à la mer.

On nous lâche dans les ruines des thermes d’Anthonin. Il reste pas mal d’éléments en place, dont deux grandes tours qui font face à la mer. On nous a également expliqué qu’on pouvait visiter les dessous de ces thermes : là où les esclaves faisaient chauffer l’eau et que les restes de ce genre ne sont pas courant. Je pars visiter les thermes, sans m’accrocher vraiment à un groupe. C’est grandiose, je suis bien. Je passe à côté d’un lauréat qui est en train de faire des croquis des ruines. Ce qu’il fait est magnifique. On a plein de jeunes virtuoses dans cette promotion. Je suis fière d’en être un des électrons libres, qui la composent.  Les ruines de la ville sont vraiment magnifiques, mon esprit vagabonde par ci, par là. La mer, qu’on peut apercevoir derrière tout ça, me fait rêver, me donne envie d’évasion alors que je suis déjà en train de m’évader de mon quotidien sans saveurs. Je sens les épices, le vent sur mon visage, les rayons de soleil qui passent à travers mes cheveux. Mes sens sont à l’affût, pour profiter de chaque instant passé ici. Je finis tranquillement ma visite, et m’approche de quelques individus de ma promotion qui sont en train de discuter, je m’incruste avec eux. Amandine est en train de jouer des bollas. Le numéro qu’elle joue rend très bien dans ce cadre exotique. J’ai décidé de la filmer quelques instants, contre son gré. Je l’ai fait en échange d’une promesse : je ne diffuserais pas ces images. L’heure de rendez-vous approche petit à petit, on se met en route vers la sortie du site. On y trouve des marchands qui nous alpaguent en nous demandant d’acheter. Rien ne m’intéresse. Je marche tranquillement, il y a beaucoup de chats errants, certain.e.s d’entre nous se sont arrêtés pour les caresser parce qu’ils restent malgré tout très sociables, ces petits chats. Sylvain se fait séquestrer par un des marchands, qui cherche à absolument lui vendre des babouches en cuir. Je m’avance vers lui dans l’optique de me moquer de lui. Finalement c’est moi qui me fais avoir, et j’achète une jolie sacoche en cuir de chameau. Je suis l’arroseur arrosé, mais une fois arrivés dans le  bus je ne me prive pas de gentiment me moquer de lui. Il règne entre nous une ambiance bon enfant. Tout le monde est si gentil et honnête. Je me sens bien, entourée de toutes ces personnes. Il se dégage de notre groupe une bonne énergie, que je perçois et que je ressens. Ça me fait tellement de bien d’être enfin comprise et accompagnée, d’être entourée par des gens avec autant de bonne volonté que moi. Je suis enfin à ma place.

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Tunis, vue de la colline de Carthage.

Après avoir fini la visite des thermes d’Anthonin, nous avons rejoint, en bus, la colline de Carthage, pour visiter encore quelques ruines mais également le musée des vestiges de Carthage. La vue qu’on y a est splendide. On peut voir tout Tunis et la mer de là où on est. C’est grandiose. D’autant plus que le monde nous offre un magnifique ciel bleu. La visite du musée des vestiges de Carthage ne m’intéresse pas plus que ça. J’ai l’impression qu’il ne montre pas grand chose de plus que ce qu’on a déjà vu à l’extérieur. J’en ressors en vitesse, une fois que j’ai fini le tour. Je préfère largement être dehors, profiter de la vue, et du soleil. C’est maintenant l’heure de rentrer déjeuner à l’hôtel. Au programme, cette après-midi : conférence d’ouverture, présentation de l’accompagnement et divers ateliers. Ce qui signifie qu’on sera enfermés toute l’après-midi. Mais ce soir, on va voir un spectacle de danse. L’après-midi se passe sans encombres. Personnellement j’ai choisi un atelier sur la culture tunisienne, dispensée par une des employées de l’IDE qui est d’origine tunisienne. J’apprends quelques éléments, mais ma soif d’apprendre n’a pas été comblée. Je ne m’attendais pas du tout à un atelier de ce type et je reste sur ma faim. Tant pis. En parlant de faim, c’est l’heure de manger. On doit se dépêcher pour être à l’heure. L’équipe de la chorégraphe et des différents danseurs nous font une représentation rien que pour nous ce soir et bénévolement. On a intérêt à ne pas être en retard. Une fois le repas fini on se dirige tous vers les bus, Amandine se  met à côté de moi. Elle me parle d’elle, de son passé, de qui elle est. Je suis scotchée, comment une fille si douce, si gentille, peut avoir pu vivre autant de choses. Je reste sans voix, et l’écoute avec attention. Finalement on arrive au centre culturel de Tunis, le lieu où on doit voir la représentation. On rentre tous dans la salle, la chorégraphe nous parle un peu du spectacle qu’elle a composé et finalement les lumières s’éteignent et on nous laisse savourer ce qu’on va voir.

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Spectacle de danse créé par Syhem Belkhodja.

Les danseurs arrivent un à un, et descendent de scène. Ils se mettent dans un coin de la salle et s’éclairent les uns les autres avec le flash de leurs téléphones. Toute cette mise en scène m’intrigue, et me plonge dans la curiosité pour la suite. Finalement j’ai été bluffée, je ne m’attendais pas à être aussi prise dans un spectacle de danse. Les danseurs étaient tous si gracieux, si beaux. J’ai été émue tout du long. Les lumières, les couleurs, les costumes, les musiques, tout était parfait. Syhem Belkhodja a su retranscrire à la perfection les émotions à travers la danse. Après ce spectacle, nous avons eu un instant pour discuter avec les danseurs, apprendre à savoir qui ils sont. La majorité sont étudiants et dansent depuis plusieurs années. Syhem les aime d’un amour impossible à décrire, cela se voit dans ses gestes, dans sa façon de parler. A chaque fois qu’un de ses protégés prend la parole on peut voir des étoiles dans ses yeux. Elle croit en eux, elle les aime d’un amour maternel. Après cet échange avec les artistes, une fillette de 11 ans nous a montré son talent pour la danse, l’espace de quelques instants, sur scène. Puis l’une des danseuses de la pièce principale nous a également donné un aperçu du spectacle qu’elle a composé elle même. J’ai été abasourdie par tous ces talents. Puis, l’instant d’après, nous avons vu revenir sur scène tous ces danseurs, qui nous ont offert un flashmob.

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Tous sur scène.

L’ambiance dans la salle était folle, on avait une envie soudaine de tous danser, même si nous aurions eu l’air de sac à patates à côté de ces jeunes talents. Finalement, toute l’audience a été invitée à monter sur scène et nous avons vécu un moment intense sous le feu de l’interculturalité, de l’échange et de la solidarité. Je ne saurais vous décrire avec des mots exacte ce qu’on a vécu à cet instant, mais c’était magique et d’une bienveillance infinie. La danse nous a réuni, le temps d’un instant. Nous avons voulu partager avec eux leur passion, même si nous n’étions pas tous très doués. Les plus vieux, comme les plus jeunes, peut importe son statut, tout le monde a dansé. Ce après quoi, un homme tunisien important dans le domaine de la culture, nous a fait un discours émouvant. Après ce spectacle rempli d’émotions, plus ce discours, j’en ai eu les larmes aux yeux. Toute cette expérience c’était si… humain et touchant. A la fin de cette soirée remplie de belles émotions il était temps de rentrer à l’hôtel, Morphée nous tendant les bras. Encore une fois, la nuit était bien avancée. Et le temps de rentrer et de se préparer à aller dormir il était déjà une heure du matin.

Voilà pour ce deuxième jour de voyage. J’espère que cet article vous aura plu ! On se retrouve pour le prochain épisode.

Vous pouvez trouver les épisodes déjà parus, ici :
Episode 1 : Arrivée à l’hôtel
Episode 3 : Bardo, Médina et Institut Français
Episode 4 : On plante des arbres !

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3 commentaires sur “Mon voyage en Tunisie – Episode 2 : Carthage et danse

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